Arkheia, revue d'histoire

Pierre Barral : un historien précurseur

Par Cyril Olivier
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Article publié dans
Arkheia n°14-15-16
Auteur : spécialiste de l’Occupation, est l’auteur d’une thèse sur « Les femmes de “mauvaises vies” dans la France de la Révolution nationale (1940-1944) ».

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Il est des travaux pionniers, des écrits fondateurs. L’article « Idéal et pratique du régionalisme dans le régime de Vichy » (in la Revue française de science politique, vol. XXIV, n°5, octobre 1974, pp.911-939) de Pierre Barral paru il y a maintenant trente ans est de ceux-ci. L’auteur y propose en effet une analyse synthétique quoique quasi-exhaustive d’un projet régionaliste mort dans l’oeuf ou, plutôt, noyé dans son contexte. Celui d’un pays en guerre, subissant les affres d’une occupation militaire, celui également d’un régime qui louvoie dans un premier temps ; entre une ancienne garde vieillissante à la manière d’un Charles Maurras et des jeunes (ou moins jeunes) loups prêts à sacrifier les idéaux d’une jeunesse nationaliste sur l’autel de la Collaboration. L’histoire l’a retenu : les seconds finiront par s’imposer et avec eux la Milice de Joseph Darnand, lequel semble n’avoir rien de commun avec les penseurs régionalistes du régime, si ce n’est la dénonciation systématique du régime républicain. Pierre Barral l’indique d’entrée : la restauration des « provinces » d’Ancien Régime est envisagée au sein d’une condamnation globale du centralisme jacobin de la IIIe République, laquelle sourd déjà des discours de l’opposition de droite bien avant-guerre. Pour autant que cette volonté soit vive, l’auteur ne manque pas d’objecter d’emblée l’absence d’aboutissement de cette inspiration régionaliste : l’État français reste « central et puissant », seules quelques structures administratives vont être aménagées. Dès le 11 juillet 1940, dans un Message sur les pouvoirs confiés par l’Assemblée législative, le Maréchal Pétain pose le principe d’une administration « concentrée et décentralisée », les « grandes provinces françaises » recevant pour chacune d’entre elles un « gouverneur ». L’emploi d’une terminologie d’Ancien Régime est délibéré, arguant d’une volonté traditionaliste sans équivoque. Comme le souligne l’auteur, cette « idée de décentralisation » renvoie immanquablement à Charles Maurras et à une brochure publiée en 1898. Or, il se trouve que nombreux et influents sont les maurassiens dans l’entourage proche du Maréchal en ce début de période : Raphaël Alibert est le premier garde des Sceaux de l’État français et René Gillouin, un conseiller écouté, à la fois membre du cabinet du Maréchal et auteur de nombre de ses discours auxquels s’ajoutent une quantité d’articles publiés tant dans La Revue Universelle, que dans Le Figaro ou Le Temps. Délégué général de la Fédération régionaliste française, Jean Charles-Brun est également un proche du pouvoir central, même si son influence n’est jamais déterminante. Dès 1928, l’association qu’il représente définit précisément les notions reprises par le Maréchal : la décentralisation est l’élargissement des droits des collectivités (...)

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  • Quelques questions
    4 janvier 2012 16:38, par Philippe Lapasset

    Bonjour Monsieur Olivier, Je suis en Master 2 histoire et je travaille actuellement sur la prostitution pendant le premier franquisme à Valence, et la prostitution pendant le pétainisme. J’aurai beaucoup de question à vous poser, vu que vous êtes spécialiste. Pouvez vous me répondre à cette adresse électronique : philippelapasset@yahoo.fr

    Merci de votre aide, cordialement, Philippe Lapasset


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