Arkheia, revue d'histoire

Pierre Barral : un historien précurseur

Par Cyril Olivier
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Article publié dans
Arkheia n°14-15-16
Auteur : spécialiste de l’Occupation, est l’auteur d’une thèse sur « Les femmes de “mauvaises vies” dans la France de la Révolution nationale (1940-1944) ».

(...) les questions d’intérêt provincial, sous réserve des lois et règlements en vigueur, il coordonne et contrôle l’activité de tous les services publics, il stimule et oriente toutes les activités intéressant la Province ». Le gouverneur est enfin assisté de collaborateurs en nombre restreint ainsi que d’un Conseil provincial aux pouvoirs politiques et économiques limités, « privé de toute force réelle » écrit Pierre Barral. Ainsi que le souligne l’auteur, le gouvernement de Vichy n’aura pas le loisir d’investir plus avant l’idée d’une restauration des provinces : le contexte dicte d’urgentes priorités amenant la réorganisation improvisée et immédiate des échelons territoriaux. Là, l’autoritarisme qui malgré tout préside à Vichy fait fi des affirmations régio-nalistes aux lourdes tendances libérales. L’autorité du préfet sur les fonctionnaires est renforcée dès le 23 décembre 1940, les conseils généraux sont supprimés du fait de la trop grande influence locale de certains élus, les maires et conseillers municipaux des communes de plus de 2000 hab. sont désormais favorable aux thèses régionalistes. Il décide de multiplier les avis les plus contemporains sur la question, intégrant la réflexion menée sous la IIIe République à propos des « régions économiques ». Ainsi apparaît une scission désormais classique du régime de Vichy opposant les traditionalistes aux technocrates : si le commandant Feriet s’avère des plus pragmatiques, liant la circonscription régionale aux intérêts économiques de sa population, d’autres tel René Gillouin restent sur des positions historiques, voir folkloriques, célébrant tout à la fois les « provinces », leur coutumes et dialectes. Au-delà de ces considérations, Barral montre bien qu’il s’agit d’un projet conçu au sommet et de l’État et qu’il ne trouve guère d’écho au sein d’une population dont les préoccupations sont ailleurs. Comme l’envisageait le commandant Feriet, le gouvernement se donne le temps de la réflexion et de la consultation par le biais de commissions instituées dans le cadre du Conseil national à partir de janvier 1941. Six mois plus tard, est adopté un projet proposé par Lucien Romier, lequel prévoit la création de vingt provinces aux noms traditionnels, parfois doubles ou triples. Attentive à la sauvegarde de l’unité nationale, la commission n’attend pas la fin des négociations concernant les frontières de la France occupée même si elle suit in fine l’avis des Affaires étrangères afin de ne pas faire bloc des régions annexées ou en passe de l’être. En même temps, les pouvoirs du futur gouverneur sont définis : « il gouverne la Province, il a pleins pouvoirs de décision sur toutes les questions d’intérêt provincial, sous réserve des lois et règlements en vigueur, il coordonne et contrôle l’activité de tous les services publics, il stimule et oriente toutes les (...)

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  • Quelques questions
    4 janvier 2012 16:38, par Philippe Lapasset

    Bonjour Monsieur Olivier, Je suis en Master 2 histoire et je travaille actuellement sur la prostitution pendant le premier franquisme à Valence, et la prostitution pendant le pétainisme. J’aurai beaucoup de question à vous poser, vu que vous êtes spécialiste. Pouvez vous me répondre à cette adresse électronique : philippelapasset@yahoo.fr

    Merci de votre aide, cordialement, Philippe Lapasset


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