Arkheia, revue d'histoire

Pierre Lefranc avait des attaches corréziennes

Par Gilbert Beaubatie
Retour au sommaire Retour au sommaire
Article publié dans
Suppléments

Pierre Lefranc est décédé le 7 janvier à Paris, à l’hôpital du Val-de-Grâce, à deux semaines de son 90 ème anniversaire. Avec lui a disparu un gaulliste de la première heure qui jusqu’à la fin de ses jours a défendu "une certaine idée de la France" et "la vraie croix de Lorraine". Lui et sa famille ont été profondément et durablement attachés à la Corrèze, et notamment à la ville de Brive, où longtemps il a disposé d’une maison de vacances et où, dans la nuit du 11 juillet 1940, au lendemain du vote des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain à Vichy, il a distribué, dans des boîtes aux lettres, des tracts pour s’indigner "de l’assassinat de la République".

Il avait 18 ans et demi. Cinq mois plus tard, il était à Paris et participait à la manifestation anti-allemande des étudiants et des lycéens devant l’Arc de Triomphe. Blessé à la jambe, il fut arrêté et interné à la Santé et à Fresnes. Une fois libéré, il franchit la ligne de démarcation et, durant l’été 1941, il se retrouvait de nouveau à Brive-la-Gaillarde, où il chercha à recruter un responsable pour le mouvement de Résistance Combat. L’année suivante, il était en Espagne, d’où il rejoignit le général de Gaulle à Londres. Début août 1944, il fut parachuté dans le département de l’Indre, et non en Corrèze, comme il l’avait demandé et espéré. Mais son premier déplacement, dans les jours qui suivirent la Libération du territoire français, c’est à Brive qu’il devait le faire, et il s’empressa d’aller réveiller en pleine nuit sa famille qui était sans nouvelles de lui depuis au moins deux ans.

En 1947, année de la création du Rassemblement du Peuple français, il fut nommé par le général de Gaulle délégué pour la région du Centre (de 1947 à 1951). Au mois d’octobre, à la tête de la liste RPF, il fut candidat aux élections municipales de Brive. Cinq années durant il sera conseiller municipal. Au mois de mars 1949, à la demande du Général, il se présenta aux élections cantonales à Neuvic, dans le fief d’Henri Queuille, alors président du Conseil. Il s’agissait ni plus ni moins que "d’une candidature symbolique et de sacrifice" (sic). Mais au mois de mai 1962, à l’occasion du voyage officiel en Corrèze du général de Gaulle, président de la République, il eut le plaisir de se retrouver assis aux côtés du "plus illustre Corrézien" dans les salons de la Préfecture à Tulle.

Courant janvier 1995, Pierre Lefranc nous a confié que son plus triste souvenir était aussi lié à la Corrèze. Le 2 septembre 1928 - il avait 6 ans - il attendait avec sa mère et ses deux soeurs, sur le terrain d’atterrissage de Brive, son père, secrétaire général de l’une des premières compagnies de transport aérien. Le soir, à la lueur des bougies, il apprit que l’appareil, parti de Strasbourg, s’était écrasé dans les environs de Toul (Meurthe-et-Moselle)...



| RECHERCHE |
Plan du site
Témoignages, suppléments, courriers et compléments d'articles...

Découvrez les + d'Arkheia,
un ensemble de contenus exclusifs, à consulter en ligne.
En vente sur ce site : Renaud Jean
Renaud Jean. Carnets d’un paysan député communiste par Max Lagarrigue. Le parcours hors du commun d’un Marmandais qui cotoya Lénine, Trotsky, Thorez...
Vichy État occitan ?
Le Midi dévasté par les inondations, (...) Les 2 et 3 mars 1930, les eaux du Tarn se déchaînent sur la cité d’Ingres et de Bourdelle. Les quartiers populaires de Sapiac et la ville basse de Villebourbon sont engloutis. Aux victimes (...)
Abonnez-vous !

Pour ne rater aucun de nos n°, abonnez-vous ! Seulement 20 € pour une année complète d’Arkheia