Arkheia, revue d'histoire

René Bousquet, ses responsabilités à Vichy ?

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : historien, directeur de la revue Arkheia, est notamment l’auteur de 99 questions... Les Français durant l’Occupation (CNDP, 2007).

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Remarqué pour sa témérité lors des inondations de 1930, René Bousquet (1909-1993) parvient, grâce à ses amitiés et à une ascension rapide, au ministère de l’Intérieur. Nommé par Pierre Laval secrétaire général de la police en mai 1942, il s’affirme comme un zélé serviteur de Vichy allant jusqu’à proposer de collaborer avec l’occupant. Principal organisateur de la rafle du Vél’ d’Hiv’, il est épargné par la Haute Cour, en 1949. Il est finalement inculpé de crimes contre l’humanité, en 1991. Assassiné, ce haut responsable de la Collaboration n’est finalement pas passé en jugement.

Issu d’une famille de notables montalbanais, René Bousquet doit à deux éléments sa carrière au sommet de l’État puis après guerre dans la finance. Le déclencheur est, sans doute, à trouver dans sa témérité lors de la crue de mars 1930, l’une des plus meurtrières qu’ait connues le sud-ouest. Sur un canoë, il parvient à sauver des dizaines de personnes de la noyade. Cette action lui vaut les éloges du président de la République et du président du Conseil, André Tardieu. À 22 ans, René Bousquet est le plus jeune Français à arborer à sa boutonnière la Légion d’honneur. À peine majeur, il est le chef de cabinet du préfet, alors qu’il n’a pas « encore sa licence en poche ». Nul doute que René Bousquet a bénéficié des entrées de son père pour obtenir ce poste, mais c’est bien son sens personnel de l’initiative et sa témérité qui le font remarquer de Tardieu. Ce dernier l’appelle, en 1930, au ministère de l’Intérieur. Devenu le protégé du radical Pierre Cathala, Bousquet devient chef adjoint de son cabinet au ministère de l’Intérieur. Jusqu’en 1938, René Bousquet, sous la double protection de Cathala et d’Albert Sarraut, demeure à Paris. Nommé sous-préfet de Vitry-le-François (Marne), il est ensuite promu, en juin 1939, secrétaire général de la préfecture de Châlons-sur-Marne. Il dépasse alors à peine la trentaine. La guerre éclate et René Bousquet, qui a l’âge d’être mobilisé, bénéficie de la complaisance d’un élu radical-socialiste de la Marne. L’adjoint du préfet demeure donc en poste, mais au plus fort des combats, il se replie durant quelques semaines à Albi. Rentré sans son préfet dans un département dévasté, il parvient à s’attirer les bonnes grâces de sa hiérarchie. Ce haut fonctionnaire applique méthodiquement la politique vichyste, à quelques exceptions près toutefois. En effet, Bousquet laisse en place élus radicaux et surtout francs-maçons dont les maires de Vitry et de Reims. Ce dernier, Paul Marchandeau, n’est autre que l’auteur du décret-loi d’avril 1939, interdisant les propos antisémites – attitude qui laisse à penser que Bousquet a été initié à la franc-maçonnerie lorsqu’il exerçait à la préfecture de Montauban. Promu préfet, il lui faut attendre le retour de (...)


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