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René Bousquet, ses responsabilités à Vichy ?

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : historien, directeur de la revue Arkheia, est notamment l’auteur de 99 questions... Les Français durant l’Occupation (CNDP, 2007).
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(...) Pierre Laval, en avril 1942, pour être nommé secrétaire général de la police. Ni collaborationniste, ni idéologue, René Bousquet, prototype du serviteur diligent de l’État, a un poste à la mesure de ses ambitions : bras droit du ministre de l’Intérieur, fut-ce dans une capitale tenue par les nazis et dans un pays morcelé. Le 6 mai, Bousquet connait son petit Montoire en rencontrant le général SS Reinhard Heydrich. La négociation porte sur l’arrestation des juifs étrangers de la capitale avec l’aide logistique de la police française. En contrepartie, celle-ci obtiendrait plus de pouvoir, et par incidence, Vichy plus de souveraineté en zone Nord. Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1942, 4 500 policiers français lancent l’opération Vent printanier et raflent à Paris près de 13 000 personnes. Le surlendemain, un premier convoi part en direction d’Auschwitz. Organisateur de ces arrestations et déportations, René Bousquet est le principal complice de l’État français dans la mise en oeuvre de la solution finale en France. Plus encore, en proposant de livrer les juifs apatrides détenus dans les camps vichystes de zone Sud, il fait de la France le seul pays d’Europe à avoir participé aux déportations sans que ce territoire soit occupé par les nazis. Débarqué le 31 décembre 1943 et remplacé par l’ultra-collaborateur Joseph Darnand, Bousquet n’en est pas moins le principal responsable de l’arrestation de 60 000 juifs et de leur déportation (soit 80 % des victimes juives de la Shoah en France). Pour comparaison, durant l’année 1944 son successeur fait déporter 15 000 Juifs. « Convié », le 9 juin 1944, à se mettre à l’abri en Allemagne, Bousquet passe toute la fin de la guerre en Bavière. Rentré en 1945, ses amitiés politiques, ses actes de « résistance » durant l’année 1944 et surtout la grande complaisance de la Haute Cour de justice lui valent, en 1949, d’être libre. Brillant technocrate, il poursuit sa carrière dans plusieurs entreprises. Mais ses activités durant l’Occupation refont surface en 1978. Il n’est inculpé toutefois de crime contre l’humanité qu’en 1991. Il est assassiné la veille de son procès par un déséquilibré, à quatre-vingt-quatre ans. Son procès, tant attendu, n’aura jamais lieu.

Pour en savoir plus vous pouvez acquérir sur site l’ouvrage 99 questions... Les Français durant l’Occupation. 

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