Arkheia a publié un dossier passionnant et clairvoyant sur les occitanistes confrontés au gouvernement de Vichy durant la dernière guerre. Il est clair que les défenseurs de la langue d’Oc ont été séduits par la réhabilitation des langues parlées en France, dans le cadre d’une politique prenant le contre - pied de celle de la Troisième République. Il semblait qu’il en était fi ni avec l’interdiction de ces langues dans les écoles, avec la suspicion de séparatisme dont les occitanistes avaient fait les frais, à l’époque du jeune Mistral et sans cesse depuis. D’où cette déclaration de pleine satisfaction que signent les animateurs de la société d’Études Occitanes en 1941, faction qu’ils soient de sensibilité ou d’appartenance de droite ou de gauche. L’adhésion d’un certain nombre d’entre eux au maréchalisme puis à la collaboration ne fait aucun doute. Louis Alibert se fait fort, dans sa demande d’un poste d’enseignant d’occitan à la faculté de Toulouse d’avoir fondé la Milice dans son village. [1] Roger Barthe, ancien responsable de la jeunesse radicale devient préfet de Vichy, André - Jacques Boussac affiche ses convictions pétainistes : il en aura des ennuis à la Libération. L’abbé Salvat sera innocenté de ses accointances avec la Révolution nationale pour sa déportation à Neuengamme à titre de notable pris en otage, mais pas du tout en tant que résistant. Dans les milieux félibréens, l’adhésion aux thèses de vichy est massive. Frédéric Mistral neveu – de qui Robert Lafont est encore le commensal lors des fêtes de fin d’année en 1943 : je le tiens de lui - même – est le porte - drapeau incontesté du pétainisme en Provence mistralienne. Ismaël Gérard serait-il aussi collaborateur ? Rien n’est moins sûr mais la revue le montre en train de solliciter, pour un fi lm, Lagardelle, ministre de Vichy. En temps utile, il saura se rapprocher de Soula, médecin comme lui, résistant et fonder l’Institut d’Études Occitanes, en 1945, version revisitée de la SEO. Gérard n’a pas été résistant, et non plus les autres fi gures historiques de l’occitanisme, Max Rouquette, Léon Cordes, René Nelli, Lafont, les communistes Castan, Allies, Philippe Malrieu. Un seul des fondateurs a pris les armes et en a fait usage : Charles Camprou, autonomiste pour l’Occitanie dans l’avant - guerre, très vite marginalisé. Et au côté des félibres, un autre : Paul Gayraud, romancier qui devra s’auto publier et (...)
Avec la parution de notre numéro Azana 3, paru le 21 octobre 2009, dernier hors série paru aux éditions Arkheia, nous clôturons l’abonnement 2009.
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