Arkheia, revue d'histoire

Réactions au n° Vichy, Etat occitan ?

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Article publié dans
Arkheia n°17-18

(...) Mon père avait combattu quelques semaines – ces semaines diffi ciles et héroïques – à la charnière de la ligne Maginot, puis il avait été, à la suite d’une blessure, transftransféré à Agen où il avait été opéré ; c’est à son réveil, d’une façon tout à fait étonnante, qu’il avait entendu l’annonce de la fi n des hostilités. Son bataillon était installé dans la vieille caserne Calvin, bâtiment vétuste à l’architecture militaire déjà totalement désuète. De cette petite unité de l’Armée d’armistice, il espérait faire, à une échelle réduite, une armée prête pour la Revanche. Grande illusion ! Le bataillon d’Arles manifestait une vive présence dans la cité et dans ses environs, défilait en chantant, forçant l’admiration de la population. Ces démonstrations avaient d’ailleurs ému la commission d’armistice italienne qui avait fait des représentations à l’état - major de Marseille, ce dont mon père avait été avisé. Ce même état - major avait toutefois fait en sorte que, grâce à son action directe, mon père, avec l’aide d’offi ciers de réserve, puisse établir des caches d’armes, notamment en Camargue … Si mon père représentait l’autorité militaire en tant que commandant d’armes, l’autorité civile était incarnée à Arles par le sous - préfet Jean des Vallières, un personnage brillant, élégant, très proche de Philippe Pétain à laquelle sa famille était liée de longue date et qui, en tout cas, avait été nommé en qualité compte tenu de sa proximité avec le Maréchal dont on disait qu’il était le fi lleul. Jean des Vallières n’était pas un Méridional absolument authentique mais il connaissait très bien la Provence ; il était à la fois écrivain et homme de cinéma (il avait en particulier écrit Les Filles du Rhône, livre totalement oublié, qui donnait une image très vivante et sensuelle du Midi, et il en avait fait un film ; il avait également fait un film sur la Légion étrangère à laquelle avait appartenu son beau - frère, le colonel de Corta). Toute sa vie avait donc baigné à la fois dans le monde littéraire et dans le monde militaire. Ses obligations le conduisant à parcourir la campagne avec Jean des Vallières, c’est à travers le récit que me faisait mon père de ses déambulations avec le sous - préfet que je comprenais peu à peu la difficile situation dans laquelle se trouvait la Zone libre. Je découvrais en même temps Arles, ses odeurs, ses couleurs, ses paysages et puis, sur la promenade des Lices, l’élégance déhanchée de ces jeunes Arlésiennes en costume. C’était quelque chose d’infi niment beau. J’étais tout à fait admiratif de leur coiffe, cette coiffe magnifique qui, par comparaison avec tant de costumes régionaux assez lourds, en faisait des modèles d’élégance. Mon père participait à des réunions, à des rassemblements, les jours de fête. C’est ainsi que (...)


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