Arkheia, revue d'histoire

Séjour surveillé pour « indésirables français » : Le château du Sablou en 1940, partie I

Par Jacky Tronel
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : est chercheur associé au projet « Prison militaire du Cherche-Midi » à la Maison des Sciences de l’Homme (Paris) et membre du comité de rédaction de la revue Arkheia.

(...) sous l’autorité du capitaine Saule. De fin juin à début novembre, le capitaine Daguet assure la direction du camp. Il est remplacé le 5 novembre par le commissaire spécial Antz qui commande le camp jusqu’à sa fermeture, le30 décembre 1940. Sous le commandement du capitaine Saule, le service de garde est assuré par quatre sous-officiers, quatre brigadiers, quarante hommes -des gardes mobiles ainsi que des tirailleurs sénégalais. Interné au Sablou au mois de mai, Alphonse Martin raconte comment le capitaine Saule, voulant donner des leçons de patriotisme, brime et insulte les détenus. André Moine, dirigeant communiste, instituteur lui aussi, brosse ce portrait du capitaine Saule : « C’était un ancien officier de carrière, il n’avait rien d’un tortionnaire, mais tout d’une vieille culotte de peau. » Selon Martin, le capitaine Daguet qui lui succède laisse un meilleur souvenir : « Il semble ne vouloir tenir aucun compte de l’opinion malveillante de son prédécesseur en ce qui nous concerne. Il s’entretient avec les internés, pose des questions, sur leur métier, leur famille, lit la correspondance. En quelques jours sa conviction est définitivement faite et un changement intervient. Plus d’appel du soir dans les chambres, au garde-à-vous, plus de corvées, hormis celles destinées à la cuisine, au ravitaillement en eau potable et à l’entretien sanitaire des locaux et du camp. Subsiste uniquement la cérémonie des couleurs, sans appel sur les rangs. Sur sa demande, suite à une réclamation des internés qui ne peuvent pas recevoir de colis, il obtient de l’Intendance, repliée à Sarlat, la fourniture de vêtements militaires. Des permissions sont accordées aux internées originaires des régions limitrophes ; un certain nombre de permissionnaires ne rejoindront plus le Sablou sans que leur absence provoque le moindre remous. Les malades dont l’état nécessite des soins sont hospitalisés à Montignac, sur la demande du capitaine Daguet. » Le personnel d’administration, d’encadrement et de surveillance dont dispose l’autorité militaire, sous le commandement du capitaine Daguet, est ainsi réparti :

- 1. Administration : 1 lieutenant médecin,
- 1 sous-lieutenant qui a fonction d’adjoint au commandant, 1 adjudantchef faisant fonction d’officier de détail,
- 3 sergents-chefs (comptabilité, ravitaillement, vaguemestre) ;
- 2 Encadrement et divers : 2 adjudantschefs,
- 3 sous-officiers, 1 caporal d’ordinaire,
- 6 démobilisés (chauffeur, palefreniers,téléphoniste…) ;
- 3 Surveillance : un détachement du 41e régiment d’infanterie, composé de 40 hommes (officiers et gradés compris).

Jusqu’au 31 octobre 1940, la garde du camp est sous contrôle du ministère de la Guerre. Le 30 octobre, le secrétaire d’État à l’Intérieur fait savoir au préfet de la Dordogne que « l’Autorité Militaire ne pouvant plus se charger de la garde des centres de séjour (...)



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