Arkheia, revue d'histoire

Silvio Trentin et les poètes Lauro de Bosis et Giacomo Leopardi_suite2

Par Paul Arrighi
Retour au sommaire Retour au sommaire
Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : a mené un double cursus universitaire, en histoire et en sciences politiques, jusqu’à l’obtention de la maîtrise d’histoire réalisée sur Les Origines et la création du PSU dans la Haute-Garonne (1952-1968). Ayant réussi ultérieurement le concours d’entrée à l’ENA, il poursuit de 1979 à 1992 une carrière d’inspecteur des affaires sanitaires et sociales avant de choisir les fonctions de magistrat. Détaché en qualité d’enseignant l’histoire de 1995 à 2000 à l’Université de Toulouse-le-Mirail il a soutenu en 2005 son doctorat d’histoire sur la biographie du juriste combattant et député devenu exilé politique et libraire à Toulouse, Silvio Trentin.

(...) infrangible de nos esprits, la solidarité irrévocable de notre destinée".

En conclusion de textes qui s’ouvrent sur l’avenir

Au delà du siècle qui les sépare et de leur condition commune de penseur de haute culture et de la rencontre intellectuelle tout à fait inattendue entre Silvio Trentin, le juriste combattant, et Giacomo Leopardi, le poète philosophe de Recanati, ils ont éprouvé tous deux la souffrance et la vive sensation qu’ils vivaient dans une époque de recul de l’esprit. Silvio Trentin a vécu le sentiment tragique de l’étiolement des démocraties et d’un combat si difficile à mener qu’il en semblait parfois perdu pour la préservation de la démocratie et l’autonomie des êtres humains et contre les dérives de ce qu’il nommait l’"Etat monocentrique". Ces deux rebelles de l’esprit, l’un contemplatif et comme retranché du monde de l’action dans les études, les écrits savants et les bibliothèques, l’autre homme politique ardent mais dont l’horizon était guidé par le rétablissement de la démocratie et de la libération des classes opprimées, furent aussi éloignées que possible par leurs tempéraments et leurs oeuvres. Ils étaient en sorte comme l’eau et le feu mais partageant un idéalisme passionné et une sensibilité aiguisée par les souffrances des êtres humains. Ils accordaient aussi tous deux la prééminence à l’Esprit et donnaient du prix au refus et à la révolte contre les limites qui sont imparties à la condition humaine. Par ses deux textes portant sur la poésie, et ce au sein d’une oeuvre, à la fois de droit positif mis au service des paysans de la plaine du Pô, de textes politiques et diplomatiques menés contre le fascisme, Silvio Trentin laisse percer la sensibilité et l’esprit d’un être sensible face aux inévitables limites des arts et techniques mises au service de l’émancipation humaine. A chaque époque pèsent sur les êtres humains les plus généreux les limites inévitables de toute création bridée par les préjugés, les égoïsmes et les peurs. Alors la poésie vient offrir celles et ceux qui en souffrent le plus, une consolation et leur offre un univers largement ouvert à la magie créatrice des mots ou il n’est d’autres bornes que celles de la liberté et la créativité. C’est ce qui nous permet de comprendre qu’au temps ou l’Espagne brulait et ou l’Europe se préparait à vivre l’une des époques les plus sombres de l’humanité, la fragile cohorte des poètes, tels Rafael Alberti, Juan Ramon Jiménez, Federico Garcia Lorca et Antonio Machado s’engagea comme les ruisseaux vont à la mer, aux cotés des peuples et des classes opprimées. Parmi les plus nobles et les plus valeureux des politiques, ceux qui ne se satisfont pas des effets de tribune ou des honneurs précaires, la poésie leur devient parfois indispensable ainsi que formule Silvio Trentin : "[...] si la poésie est utile aux peuples libres, [...] elle est, en quelque sorte, indispensable - ainsi (...)



| RECHERCHE |
Plan du site
Témoignages, suppléments, courriers et compléments d'articles...

Découvrez les + d'Arkheia,
un ensemble de contenus exclusifs, à consulter en ligne.
Toutes les questions et les réponses sur l’Occupation
99 questions... La France sous l’Occupation de Max Lagarrigue. L’indipensable ouvrage pour tout comprendre sur le sujet. Pour le commander cliquez ici
Les Hommes politiques du Sud-Ouest
Nation et Constitution La dimension nationale de la Constitution Je me propose de réfléchir sur un thème que je formule en reprenant le titre du chapitre VI (« La Constitución y la Nación ») du livre de José Ortega y Gasset (...)
Abonnez-vous !

Pour ne rater aucun de nos n°, abonnez-vous ! Seulement 20 € pour une année complète d’Arkheia