Arkheia, revue d'histoire

Silvio Trentin et les poètes Lauro de Bosis et Giacomo Leopardi

Par Paul Arrighi
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : a mené un double cursus universitaire, en histoire et en sciences politiques, jusqu’à l’obtention de la maîtrise d’histoire réalisée sur Les Origines et la création du PSU dans la Haute-Garonne (1952-1968). Ayant réussi ultérieurement le concours d’entrée à l’ENA, il poursuit de 1979 à 1992 une carrière d’inspecteur des affaires sanitaires et sociales avant de choisir les fonctions de magistrat. Détaché en qualité d’enseignant l’histoire de 1995 à 2000 à l’Université de Toulouse-le-Mirail il a soutenu en 2005 son doctorat d’histoire sur la biographie du juriste combattant et député devenu exilé politique et libraire à Toulouse, Silvio Trentin.

(...) bisontin Pierre-Joseph Proudhon.

Giacomo Leopardi un surdoué retranché du monde

Giacomo Leopardi, le poète est né à Recanati, le 29 juin 1798, dans les états des Marches, ville et province alors placées sous le pouvoir temporel des papes, dans une famille aristocratique cultivée mais réactionnaire et farouchement opposée aux idées des lumières. Il perçut lui-même l’intrusion des armées françaises en Italie comme un cataclysme amené en Italie par la Révolution Française et les armées de Bonaparte. La situation dans laquelle il vit plongée l’Italie, sa patrie idéale, qui avait fait vivre une civilis ation prestigieuse sur les deux bords de la Méditerranée, le blessa. Mais cette blessure patriotique ne le conduisit pas à rejeter la pensée des lumières et les encyclopédistes français. Au-delà de ses réactions épidermiques devant l’envahissement, il nourrit son esprit et son style de l’intelligence scintillante des encyclopédistes. Nul mieux que lui ne sut entrechoquer comme deux silex dont il fit jaillir l’étincelle, la pensée aigue et comme toute emplie d’audace des Lumières avec les textes des anciens penseurs de l’antiquité grecque et romaine. Le jeune Giacomo Leopardi fut un surdoué à la santé pathétiquement délabrée. Silvio Trentin le définit comme un être : "blessé à mort, retranché de la vie". Il nous est présenté par le poète allemand August Von Platen comme : "petit et bossu, son visage est pâle et souffreteux et il aggrave ses mauvaises conditions (de santé) par sa façon de vivre, car il fait du jour la nuit et vice versa. Sans pouvoir bouger et sans pouvoir s’appliquer à quelque chose, à cause de l’état de ses nerfs". C’est aussi certainement le sentiment de son étrangeté au monde et aux autres, du fait de ses infirmités physiques, qui hissa son esprit au zénith de l’abstraction poétique et philosophique. Le jeune fils du Comte Monaldo Leopardi et de la marquise Adélaïde Antici s’est très tôt retranché du monde des jeux et des espiègleries des jeunes de son âge par une ascèse tendue vers une érudition forcenée. Avec la complicité ravie de son père, il s’enferma dans la bibliothèque familiale pour s’approprier, comme Prométhée le feu divin, l’essentiel des dix mille volumes. Il apprit seul dans les textes le grec dès l’âge de huit ans et se passionna, des sa première jeunesse, pour la connaissance approfondie des textes antiques. Dès vingt ans il devient un savant reconnu, en dehors des Universités, dans le domaine de la philologie. Retranché du monde, à l’exception de l’amitié intense qui le relia comme une bouée de sauvetage à quelques amis chers tels Pietro Giordani puis Antonio Ranieri, Giacomo Leopardi, lettré de génie n’eut jamais l’emploi que sa science aurait pu lui faire acquérir en raison de son refus d’entrer dans les ordres et de son absence de d’entregent qui mit obstacle à son emploi comme bibliothécaire à Rome. Toute (...)



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