Arkheia, revue d'histoire

Silvio Trentin et les poètes Lauro de Bosis et Giacomo Leopardi

Par Paul Arrighi
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : a mené un double cursus universitaire, en histoire et en sciences politiques, jusqu’à l’obtention de la maîtrise d’histoire réalisée sur Les Origines et la création du PSU dans la Haute-Garonne (1952-1968). Ayant réussi ultérieurement le concours d’entrée à l’ENA, il poursuit de 1979 à 1992 une carrière d’inspecteur des affaires sanitaires et sociales avant de choisir les fonctions de magistrat. Détaché en qualité d’enseignant l’histoire de 1995 à 2000 à l’Université de Toulouse-le-Mirail il a soutenu en 2005 son doctorat d’histoire sur la biographie du juriste combattant et député devenu exilé politique et libraire à Toulouse, Silvio Trentin.

(...) les hom mes de mains du parti fasciste dirigé par quelques "ras" et Mussolini. Il entama alors une bataille politique dans les pires conditions du reflux des mouvements socialistes et démocrates avant de devoir démissionner de sa chaire de Droit l’Université de Venise Cà Foscari. Il dut alors s’exiler, en février 1926, d’abord en Gascogne, puis à partir de 1935, à Toulouse ou il marqua les esprits de tous celles et ceux qui comptaient parmi les lettrés et le monde de la culture des années trente et quarante de la fière cité occitane pétrie de culture latine séculaire et berceau de la première langue littéraire et poétique néo-latine. Dans un combat poursuivi sans relâche toute sa vie, Silvio Trentin écrivit dix sept ouvrages quelques uns de théorie philosophico-juridique et les plus nombreux qui furent des dénonciations politiques et diplomatiques aiguisées et percutantes du régime fasciste. Devenu, à partir de 1935, à Toulouse, un libraire flamboyant reconnu par tous le intellectuels du Languedoc, il joua un rôle éminent dans auprès de la direction politique du mouvement socialiste-libéra l-révolutionnaire italien "Giustizia e Libertà", fondé par les trois évadés prestigieux d’insolence et de révolte des îles Lipari, Carlo Rosselli, Emilio Lussu et Francesco Fausto Nitti. En même temps que sa librairie de la rue du Languedoc, devenait, à partir de juillet 1936, un centre d’impulsion pour tous les italiens passant par la belle cité Raymondine pour se battre aux côtés du Peuple espagnol, il se rendit à quatre reprises à Barcelone et connut les responsables successifs de la "generalitat", dotés des plus hautes responsabilités. Cette période de sa vie fut vécue par cet intellectuel comme un engagement de tout son être, Ses choix douloureux visaient à frayer la voie d’une libération future de l’Italie, prémices d’une unification ultérieure de l’Europe Aux côtés de son ami le professeur de physiologie socialiste Camille Soula, il partagea intensément la souffrance de ses amis espagnols et catalans amenés à Toulouse par la "Retirada" et fit tout ce qu’il put, par sa parole, sa plume et l’expression de sa solidarité concrète, en hébergeant nombre de réfugiés. Il mit tout en oeuvre pour alerter une opinion qui se détournait des vaincus et pour secourir les destins brisés de ces cruels exils dont il connaissait lui-même l’amère morsure. Silvio Trentin fit aussi, et c’est le caractère qui le différencie le plus de Giacomo Leopardi, oeuvre de bâtisseur d’utopie sociétale. Il s’efforça de renouveler la philosophie du droit afin de p réserver son concept clef d’"autonomie humaine" donnant une forme à l’aspiration permanente des êtres humains épris de liberté au "self gouvernement". Nous retrouvons cet aiguillon libertaire à chacun des moments forts ou surgirent de nouveaux "printemps de la démocratie" lorsque culminent les plus hautes des aspirations humaines pour la prise en (...)


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