Arkheia, revue d'histoire

Silvio Trentin un libraire résistant

Par Paul Arrighi
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Article publié dans
Arkheia 20
Auteur : Paul Arrighi est docteur en histoire contemporaine et juriste.

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Italien antifasciste, exilé en France, proche des républicains espagnols, SilvioTrentin fut l’un des personnages clés de la Résistance à Toulouse. Sa librairie de la rue du Languedoc, devenu un lieu de ralliement intellectuel et politique, fit office de tremplin pour le lancement, en 1942, de son propre mouvement, « Libérer et Fédérer ».

Á l’arrivée de Mussolini au pouvoir, Trentin fut l’un des rares professeurs à démissionner de son poste à l’université. Ce geste courageux le condamna, en 1926, à un exil en Gascogne où il exerça, plusieurs années durant, de petits métiers sans toutefois rompre avec le milieu intellectuel. Sur les conseils de l’enfant terrible de la SFIO toulousaine, Camille Soula, lui-même approuvé par certains collègues de la faculté de droit de Toulouse, Silvio Trentin décida d’acquérir, en 1935, à 50 ans, grâce à l’appui financier de son épouse et d’amis de jeunesse, le fonds de commerce d’une librairie sise 46 rue du Languedoc. Un emplacement bien choisi ? Probablement pas. Situé à quelques dizaines de mètres d’une autre librairie dans la même rue, le commerce de Trentin était relativement éloigné des facultés de droit et de lettres et du quadrilatère formé par les rues du Taur et des Lois, le petit Quartier latin toulousain. Quant au fonds de livres, il s’avéra vite maigre en quantité et finalement décevant en qualité d’après les souvenirs de son fils aîné. Cependant, l’endroit n’était pas dépourvu de charme. De surface modeste, la librairie se prolongeait par une salle minuscule, « bourrée de livres jusqu’au plafond et qui admettait tout juste la présence d’une chaise » [1].  (...)


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