Arkheia, revue d'histoire

Staline assassine la Pologne par A. Viatteau

Par Nicole Roger-Taillade
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Article publié dans
Critiques de livres
Auteur : Nicole Roger-Taillade maître de conférences en littérature à l’université Toulouse-Le-Mirail.

(...) paraissent être en grande partie celles des militaires polonais assassinés " (p.85). Dans les provinces polonaises de l’est annexées par Moscou, de 1939 jusqu’au milieu de 1940, le NKVD procède à la traque de la résistance polonaise, que déciment " trois grandes déportations, puis la conscription forcée dans l’armée rouge de jeunes citoyens polonais " (p.49), pour un chiffre estimé à 200.000 individus. Au temps de la " collusion germano-soviétique " (p.108), c’est-à-dire de 1939 à l’attaque allemande contre l’URSS le 21 juin 1941 ; de part et d’autres de la frontière qui divise la Pologne en deux zones d’occupation, se développe une " politique conjointe germano-soviétique de liquidation de la nation polonaise " (p.90), avec des méthodes différentes, -les nazis photographiant et filmant leurs propres crimes, alors que les Soviétiques les dissimulent- mais visant au même but, " l’extermination " du peuple polonais (p.95). Quatre grandes déportations de polonais furent organisées par l’Union Soviétique pendant cette période, la dernière précédant de quelques jours à peine l’attaque allemande (p.108) : " c’était vraiment l’ultime service rendu aux nazis, non seulement de neutralisation de la résistance polonaise de l’est, mais même de réquisition, pour la déportation, de plus de cent cinquante trains qui manqueront à l’armée rouge au moment de l’attaque allemande ", écrit Viatteau p.112. Le cours de la guerre avait changé, mais non la politique d’extermination des polonais par les soviétiques. Le 30 juillet 1941, en présence de Churchill et d’Eden, fut signé l’accord Sikorski-Maïsky, par lequel l’URSS acceptait la formation de l’armée polonaise sur son territoire. Mais avant et après cet accord polono-soviétique, les exactions soviétiques se poursuivirent : Staline prit toutes les mesures pour liquider la résistance polonaise (p.151) et pour procéder au " désarmement des unités polonaises subordonnées au gouvernement émigré de la Pologne " (p. 161). Arrestations, exécutions, morts des chefs polonais dans des circonstances non élucidées : Kiwerski, commandant la 27ème division d’infanterie de Volhynie (p.157), le général Sikorski (p.285). Dès que l’occasion s’en présentait, les troupes russes se retournaient contre les troupes polonaises, leurs alliées, au lieu de combattre uniquement l’ennemi commun (p.154). La bataille de Varsovie, du 1er août au 5 octobre 1944, fut le point culminant de cette liquidation de l’élément polonais. Staline, après avoir poussé les polonais au combat, les laissa seuls face aux allemands, choisissant par là de " retarder la prise de Varsovie et même l’avance sur Berlin, ainsi que la fin de la guerre, pour voir achever l’élimination des forces armées, des élites et de la jeunesse polonaises " (p.172). La bataille de Varsovie fit plus de 200.000 morts, tandis qu’à l’arrière, dans les territoires des confins polonais déjà libérés et réoccupés (...)


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