Arkheia, revue d'histoire

Staline assassine la Pologne par A. Viatteau

Par Nicole Roger-Taillade
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Article publié dans
Critiques de livres
Auteur : Nicole Roger-Taillade maître de conférences en littérature à l’université Toulouse-Le-Mirail.

(...) déformations, les falsifications imposées à l’histoire, les travestissements du langage, la langue de bois, -toute une propagande visant à donner de la Pologne l’image d’un pays antidémocratique, aux sympathies fascisantes. mais il y a pire encore, ce sont les pays occidentaux eux-mêmes qui se révèlent ici dans leur complaisance, leur lâcheté, leur complicité objective avec l’Union Soviétique : Roosevelt et Churchill acceptant à Téhéran, en novembre 1943, que la Pologne perde ses provinces orientales (p.155,163), décidant de ne pas discuter avec la Pologne (" Les polonais devront être d’accord avec la décision prise. (...) Les grandes puissances ont le devoir de tenir la bride serrée aux petits pays ", lit-on p.151), n’accordant que trop tard, le 29 août 1944, à l’armée polonaise " le statut de belligérance garanti aux armées en campagne " (p.163,170) les alliés " insufflant " l’espoir aux polonais, mais n’intervenant pas plus que les soviétiques pendant la bataille de Varsovie (p. 192) ? Le nom d’ "Insurrection " attribué à cette bataille a largement contribué à déprécier, aux yeux des occidentaux, " le caractère militaire, stratégique, planifié, obligé de l’opération " Tempête " (p.193), - "plan allié ", insiste Viatteau, exécuté par la seule résistance nationale polonaise. Au moment du " Procès des Seize ", " l’envoyé spécial du président des Etats-Unis venait informer Staline que le général Okulicki n’intéressait pas les américains " (p. 298) : le commandant en chef de l’armée polonaise pouvait dès lors être accusé d’ "activité criminelle " et de " trahison nationale " (p. 296) ! La " désinformation soviétique ", avec toute " la puissance affabulatoire de la propagande " (p. 201) agissent notamment en France, où le gouvernement polonais de Londres est ravalé au niveau d’un " Comité de Londres " (p.193), où un parallèle est établi " entre Vichy et le gouvernement polonais en exil à Londres " (p.199). " Pareilles ignorances, mauvaise foi et hostilité envers la Pologne libre transmises par le canal français remplissent de honte " (p.199). Viatteau dénonce " un antipilsudskisme de propagande ", servant " à accuser la Pologne de fascisme, pour justifier notre abandon de cette nation combattante contre le nazisme et notre ralliement à l’URSS, quand Staline s’empara de la Pologne " (p. 207). De toute l’intelligentsia française, Viatteau, après Jozek Czapski, ne " sauve " que Bernanos, le seul à parler " de trahison, de l’abandon de la Pologne par les alliés " (p.221). Quant à Marek Edelman, survivant du soulèvement du ghetto de Varsovie en 1943, puis de la bataille de Varsovie en 1944, il constate l’installation d’un " pouvoir dictatorial " à l’est de l’Elbe, et, de nouveau des millions d’hommes assassinés et torturés. et, de nouveau, personne ne les voit " (p. 220)... L’ouvrage est d’une incomparable richesse, dénonçant tout ensemble " le mensonge communiste et (...)


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