Arkheia, revue d'histoire

Sylvain Le Bail, Le GMR du Périgord. Les forces de l’ordre sous Vichy, 1941-1944

Par Guy Penaud
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Article publié dans
Arkheia n°11-12-13

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Sylvain Le Bail est un jeune historien périgourdin qui a déjà publié un remarquable ouvrage sur la Résistance : " Mojzesz Goldman dit " Mireille ", premier chef départemental du maquis de l’Armée Secrète ". Il nous livre aujourd’hui le résultat de ses recherches sur un sujet délicat, peu abordé jusqu’à ce jour, " Les forces de l’ordre sous Vichy, 1941-1944 Le GMR du Périgord ". On a beaucoup écrit sur les résistants et leurs combats ainsi que sur les troupes d’occupation. Par contre, les ouvrages traitant de la collaboration ou des forces répressives sont rares. C’est dire que c’est à un rude travail auquel s’est attelé ce chercheur. Avec beaucoup de sérieux, de courage et d’objectivité, en bon historien qu’il est, il est certes parti à la recherche des archives relatives à une unité particulière, le Groupe Mobile de Réserve du Périgord, cantonnée à Périgueux de 1941 à 1944. Mais il a également recueilli les témoignages d’anciens membres des GMR ou d’anciens résistants et a étendu sa recherche à l’histoire générale de ces forces répressives vichyssoise. En outre, il a rassemblé une iconographie impressionnante : les reproductions de documents ou les photographies d’époque sont très nombreuses et le plus souvent inédites. C’est dire que cet ouvrage se veut non seulement l’historique de l’unité périgourdine, mais présente un panorama complet de ce que fut la répression par les unités mobiles de Vichy. Ancêtres des Compagnies Républicaines de Sécurité, les Groupes Mobiles de Réserve furent créés par décret du 23 avril 1941 et furent supprimés le 8 décembre 1944. Entre ces deux dates, ces unités furent employées à de diverses tâches répressives (plus particulièrement la lutte contre les maquis), mais également à des activités plus statiques, comme la garde de prisons ou de points sensibles. Certains de ses hommes firent preuve d’un engagement coupable (que quelques-uns payèrent de leur vie au moment de la Libération), d’autres ne mirent pas beaucoup de zèle pour exécuter les ordres de Vichy, tandis que quelques-uns eurent une activité digne de tous les éloges, soit en rejoignant la Résistance, soit en cachant des Juifs pourchassés. Ainsi, le cas de l’un d’eux, Henri Dupuy, reçu parmi les Justes en 1985, est largement évoqué. Dans sa tâche, Sylvain Le Bail a dû faire preuve de beaucoup de patience et d’esprit d’initiative : en effet, contrairement à l’Armée ou à d’autres grands corps, la Police Nationale ne dispose pas d’un service historique susceptible d’aider les chercheurs ou chargé de rassembler les documents historiques relatifs à cette institution. Il a néanmoins réussi ce qui semblait au départ difficile pour le fonctionnaire de police qu’il est : raconter avec la rigueur de l’historien et l’objectivité d’un chercheur l’une des pages les plus noires de la police française.

Sylvain Le Bail, Les forces de l’ordre sous Vichy, (...)


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