Arkheia, revue d'histoire

The Resistance. The french fight against the nazis par Matthew Cobb

Par Gilbert Beaubatie
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Article publié dans
Critiques de livres

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Si jusqu’à maintenant la Résistance française a statistiquement peu intéressé les historiens anglo-américains, certains d’entre eux (John Sweets et Harry Roderick Kedward) ont cependant considérablement enrichi l’historiographie.

Publiée à Londres en 1978, la recherche menée par Kedward sur le maquis dans la zone Sud, a très vite retenu l’attention des spécialistes, mais onze ans se sont écoulés avant qu’une traduction française ne soit proposée. Espérons que l’ouvrage de Matthew Cobb, publié à Londres (1), n’aura pas à souffrir d’une aussi longue attente.

La Résistance a donné lieu à une profusion d‘études et de récits, mais rares sont les synthèses dignes de ce nom, sans doute à cause de l’impossibilité d’insérer dans une grille d’intelligibilité un phénomène tellement complexe et mouvant qu’il est vain de vouloir en donner « une définition bétonnée », car « les incertitudes sont reconnues » et « les manques inévitables » (Pierre Laborie).

L’ouvrage de Matthew Cobb, qui s’appuie sur une documentation considérable (seize pages de bibliographie et soixante-six pages de notes) est une importante contribution à la connaissance de la Résistance en France. Animé par une évidente sympathie pour les hommes et les femmes (souvent très jeunes), qui ont eu le courage et la capacité de désobéir jusqu’au sacrifice de leur vie, il cherche à comprendre et à expliquer les diverses façons qui amenèrent à devenir résistant. Le 17 juin 1940, le général de Gaulle, sous-secrétaire d’Etat à la Guerre dans le gouvernement Paul Reynaud, mais pratiquement inconnu en France, s’est envolé pour Londres où le lendemain, au micro de la BBC, alors qu’il n’avait « no army, no troops, no supporters » (p. 33), il explique, avec une lucidité prophétique, pourquoi il ne faut pas « cesser le combat ». Au même moment, à Brive, Edmond Michelet fait imprimer des tracts hostiles à la demande d’armistice. Dès lors, « l’entrée en résistance » va se décliner en fonction de la chronologie et de la situation géographique.

L’auteur raconte dans le détail les origines, le déroulement et les conséquences de la grande manifestation patriotique organisée à Paris, le 11 novembre 1940 à l’Arc de Triomphe. Il s’interroge aussi sur les relations qui existaient entre la Résistance et la société. La Résistance, pour naître, se développer, se structurer, surmonter les obstacles et la répression, a dû tisser avec le reste de la population des liens de compréhension, de connivence, de solidarité, avant de se voir conférer une légitimité, garante de son inscription dans une dimension sociale et dans la durée.

L’exposé de faits et d’épisodes si souvent racontés s’accompagne d’une solide réflexion, qui rejette les poncifs académiques et fournit un éclairage nouveau. On lira avec profit les pages (...)


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