Arkheia, revue d'histoire

The Resistance. The french fight against the nazis par Matthew Cobb

Par Gilbert Beaubatie
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Article publié dans
Critiques de livres

(...) consacrées à Georges Guingouin. En 1944, alors que la Résistance, devenue à la fois massive et militairement active, adopte une idéologie de gauche, les communistes, à travers le COMAC, les FTP et la MOI, cherchent à se donner les moyens de s’imposer, et à… se débarrasser du « Premier maquisard de France », considéré de plus en plus comme incontrôlable.

Matthew Cobb rappelle que le maquis FTP de Georges Guingouin a réussi à imposer en Limousin une discipline sévère et, grâce à un service de renseignement efficace, a pu se lancer dans des opérations d’envergure comme la destruction, le 13 mars 1943, du viaduc de Bussy-Varache sur la ligne Limoges-Ussel. Mais lorsqu’il a reçu l’année suivante l’ordre d’attaquer la ville de Limoges, il a refusé catégoriquement. A Tulle, au contraire, les FTP, sous le commandement de Jean-Jacques Chapou (lieutenant « Kléber »), ont attaqué les forces allemandes à partir du 7 juin 1944, mais deux jours plus tard, une troupe de SS s’est livrée à de terribles représailles (99 pendus, 101 morts en déportation). Une mise au point qui aide à mieux comprendre le déroulement d’événements qui ont profondément divisé la mémoire des Tullistes.

On trouvera, dans ce livre de présentation agréable, illustré de photos en noir et blanc (Guingouin, Lucie Aubrac, Marie-Madeleine Fourcade, Henri Frenay…) réponse à de nombreuses interrogations sur l’attitude des Français, les rapports avec les Alliés, les conditions spécifiques du combat clandestin, les stratégies mises en œuvre et l’alternative politique qui a été proposée avant et après la Libération.

Pour Matthew Cobb, la Résistance est certes restée un mouvement minoritaire, qui n’a vraiment impliqué que 500 000 personnes environ, mais le rôle qu’elle a joué dans la reconstruction de l’identité nationale dépasse de loin ce qu’elle a pu représenter en termes d’efficacité militaire. Et de rendre hommage à ces hommes, à ces femmes, à ces adolescents, qui, au péril de leur vie, ont choisi de donner le meilleur d‘eux-mêmes. Car pour tout résistant, le fait moral aura été essentiel, l’essence même de la Résistance : « Sans doute chacun a-t-il soutenu sa révolte morale de ses raisons de chrétien, de juif, de républicain, de monarchiste, de socialiste ou de communiste » (Jean Cassou). Tous ont, dans ce choix crucial, communié dans le même sentiment et la même volonté : « entrer et rester dans la Résistance ».

L’auteur propose le nombre de 100 000 « résistants » qui sont morts durant la guerre : exécutés, tués au combat ou morts dans les camps. Cette évaluation, même si elle semble surestimée en regard de travaux récents (2), démontre combien immense est la dette de la nation française vis-à-vis de ceux et celles qui ont préféré désobéir et préservé son honneur.

On saura gré à Matthew Cobb de l’avoir rappelé (...)



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