Arkheia, revue d'histoire

Un prélat hors du commun : Pierre-Marie Théas, évêque de Montauban (1940-45)

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Arkheia n°7-8-9
Auteur : Max Lagarrigue est historien, directeur-fondateur de la revue Arkheia. Auteur de nombreux ouvrages dont 99 questions... sur les Français durant l’Occupation, CNDP, 2007 ; 1940, la France du repli (Privat, 2000) ; 1940, la Belgique du repli (Hainaut, 2005).

(...) en compagnie de Jean Baylet alors administrateur de La Dépêche de Toulouse et maire de Valence d’Agen, au camp de Compiègne. Un mois avant la Libération, Pierre-Marie Théas demeure en terre francilienne dans le camp de Compiègne, volens nolens. Il est libéré le 25 août. Après un entretien rapide mais non moins tumultueux avec le général de Gaulle, l’évêque de Montauban effectue un retour triomphal dans son diocèse le 9 septembre 1944. Moment de liesse où le drapeau tricolore retrouve sa place, instant unique où les oriflammes des deux grands vainqueurs, américains et soviétiques se croisent durant un court instant, minutes de joie où s’embrassent combattants d’idées opposées unis dans une cause commune : la Libération de la France.

PAX CHRISITI

Théas ne s’est pas trompé cet instant là, est rare et le discours du prélat en ces premières semaines de liberté l’est tout autant. Son discours intitulé : “ J’aime les communistes ”, interloque et surprend plus d’un fidèle. Si ces propos lui poseront, plus tard, quelques difficultés dans son cursus honorum, l’homme a voulu comme il aimait se qualifier : “ ne pas être un chien muet ”. C’est le même homme qui au cœur de la Guerre Froide s’attaque avec fermeté au “ matérialisme athée ” qu’est pour lui le marxisme. Homme de conviction, Théas ne considère pas les communistes comme des ennemis. Il aime les communistes en tant qu’hommes mais refuse leurs idées qu’il juge comme un “ recul de l’Histoire ”. Son opinion s’affermit lorsque la capitale hongroise subit l’invasion des chars soviétiques, en novembre 1956. Cette lutte contre le communisme, Théas la structure, dès 1945, dans un mouvement promu à un brillant avenir : Pax Christi. Mouvement pour la Paix dans le monde par la prière, cette organisation créée à Montauban avec le concours de Mgr Jules-Géraud Saliège, cardinal de Toulouse, entend contrecarrer les organisations satellites du PCF qui par des pétitions massives, promeut la paix. Théas interdit à ses fidèles de signer ses pétitions qu’il juge comme une tromperie. Au début, très modeste, quasiment régionaliste, Pax Christi prend une importante ampleur. De grands rassemblements internationaux pour la Paix sont organisés. En juillet 1949, l’une de cette manifestation réunie à Lourdes 30.000 personnes. Le caractère avancé des idées de l’évêque dérange. Certains de ses pairs ne lui pardonnent pas ses paroles de la Libération en faveur des communistes ; Théas démissionne du mouvement. Les désaccords avec certaines franges de la Résistance s’étaient déjà fait jour dès les premières semaines de la Libération. En effet, Théas opposé à une épuration qu’il juge “ barbare ”, prononce plusieurs admonestations contre la vindicte populaire qu’attise un certain nombre d’organisations. Le 10 septembre 1944, à la cathédrale de Montauban, il fait grand (...)



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