Arkheia, revue d'histoire

Un vélo résistant et légendaire

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Arkheia n°4
Auteur : Max Lagarrigue est historien, directeur-fondateur de la revue Arkheia.

Marie-Rose Gineste, aujourd’hui demoiselle de 89 ans, était à l’honneur ce vendredi 23 octobre 2000 dans le salon bleu de la mairie de Montauban. Cette cérémonie était donnée à l’occasion du don de son fameux vélo au musée Israëlien de Yad Vashem.

Bicyclette avec laquelle elle fit le tour du département pour ses actions résistantes. La déléguée française du Musée, Madame Jenny Laneurie, avait fait le déplacement. Rappelons que Marie-Rose Gineste fut à la tête des deux principales organisations de la Résistance du Tarn-et-Garonne, Témoignage Chrétien dès 1941 et plus tard avec André Veaux, à celle de Combat. Nous ne reviendrons pas sur ses actes de bravoure (voir à ce propos les mémoires inédites de Melle Gineste publiées in extenso dans le numéro 2-3 d’Arkheia) dont la portée a trop souvent été minimisée, probablement parce qu’elle était une femme. A l’heure où le roman de Régine Deforges, La bicyclette bleue, est portée à l’écran avec la pulpeuse Laëtitia Casta, il ne faudrait pas oublier que la Résistance fut d’abord une histoire de femme et de vélo. Les téléspectateurs de France 2 n’auront finalement pas beaucoup d’éclaircissement sur l’histoire de la Résistance, l’événement historique n’ayant aucune importance dans le mélo-sentimental interprété par un top modèle exilé elle aussi, pour des raisons moins louables, à Londres. La bataille est ici d’une autre nature. Guerre d’audimat entre TF1 et France2, la chaîne publique peut ainsi se targuer de concurrencer les Misérables de Gérard Depardieu et John Malkovitch avec 10.5 millions de téléspectateurs. Mais gardons à l’idée que derrière ce tintamarre de paillette du show business, des femmes, elles bien réelles, ont agi dans l’ombre prenant tous les risques, messagers solitaires de résistants à l’occupant. Secrétaire de Monseigneur Pierre-Marie Théas, évêque de Montauban, Marie-Rose Gineste a fait partie de ces femmes. Si la mémoire et la cérémonie protocolaire de ce vendredi ont gardé le seul souvenir d’une Marie-Rose portant la lettre pastorale de l’évêque s’opposant aux persécutions de la Révolution national à l’encontre des Juifs, il ne faut pas minorer l’action bien plus large de cette femme qui n’attendit pas cette date pour agir. Le vélo de Marie-Rose dont on pourra tout de même regretter aujourd’hui l’exil vers un pays en guerre, aura au moins permis de rappeler que Montauban eu à quelques centaines de mètres du siège de la Gestapo (3, Faubourg du Moustier), une femme à l’exemplarité inégalée qui elle mérite bien un film dont la vie est un roman !



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