Arkheia, revue d'histoire

Une grève peu ordinaire : Decazeville 1961- 1962

Par Philippe Marcy
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Jean Philippe Marcy est correspondant départemental de l’Aveyron IHTP et membre d’Arkheia.

(...) mineurs ont donc 40 ans et plus, ce qui représente 52 %. Au 31 décembre 1961, sur 785 ouvriers travaillant au jour : 54 % des mineurs ont un taux d’invalidité, 19 % des mineurs ont 21 % et plus d’invalidité. Sur 921 ouvriers travaillant au fond : – 389 mineurs ont de 1 à 20 % d’invalidité – 70 mineurs ont de 20 % à 40 % d’invalidité et au-delà .

Les forces syndicales

Quelle est l’implantation syndicale ? En 1959, les Renseignements Généraux signalent que l’influence de la CGT décroît sur le département au bénéfice de la CFTC (CGT : 2000 adhérents, CFTC : 1300, FO : 1000) . En novembre 1959, les élections à la sécurité sociale minière donnent 7 sièges à la CGT, 3 à FO et 2 à la CFTC. Mais c’est FO qui remporte la présidence grâce aux voix des représentants patronaux. En janvier 1960 les élections du comité d’entreprise donnent les résultats suivants : Ingénieurs : indépendants 100 %. Employés CGT : 23,4 % FO : 36,4 % CFTC : 40 % Ouvriers CGT : 72,9 % Fo : 15,7 % CFTC : 11,3 %.

L’analyse de la crise

Comment les Charbonnages et le ministre de l’industrie, J.M. Jeanneney analysent-ils la situation ? « L’exploitation du fond à Decazeville produit en moyenne 40 % de cailloux et 60 % de charbon... Sur ces 60 % de charbon, 40 % sont d’assez mauvaise qualité et ne constituent qu’un bas produit utilisable seulement dans la Centrale thermique de Penchot ». Le charbon n’est pas cokéfiable, « il reste utilisable par l’industrie et par les centrales thermiques d’EDF... Le coût de la production est de 80 NF par tonne... La valorisation, c’est-à-dire la recette qu’il est possible d’obtenir en vendant ce charbon, est à l’heure actuelle de 50 NF par tonne... Le déficit est de 30 NF par tonne, donc de l’ordre de 40 % du coût de revient. L’exploitation du fond de Decazeville est largement déficitaire depuis de nombreuses années. Le déficit a été de 70 millions de NF ». Pour le pouvoir « rien ne permet de penser que cette situation ait chance de se redresser (...) Quant aux perspectives de valorisation, elles sont très mauvaises (...) ; si l’endettement d’une entreprise est normal lorsqu’il s’agit d’accroître ses capacités de production ou pour couvrir ses frais d’exploitation lorsque le déficit paraît devoir être provisoire, il ne l’est pas dans le cas d’un déficit inéluctable. » Le ministre de l’Industrie justifie la fermeture partielle : « (...) rares sont les personnalités qui ont mis en doute la nécessité d’une fermeture à terme (...) Des reproches ont été faits quant aux conditions de cette fermeture (...) le déficit étant très ancien, on est en droit de regretter que dès 1956 on n’ait pas tiré les conséquences nécessaires et mis les mineurs de Decazeville face à la réalité. C’est dès 1959 qu’il a été clairement déclaré qu’on ne pouvait s’installer dans un (...)


Réagir à cet article 2 Messages de forum
  • Une grève peu ordinaire : Decazeville 1961- 1962
    8 juin 2010 22:33, par Donato Pelayo
    Vous évoquez la grève de la faim des mineurs. Vous omettez de mentionner que six fils de mineurs,à mon initiative, avaient courant décembre fait une grève de la faim salle du conseil municipal puis de l’Amicale laïque,pendant une semaine. Après être passé par l’école normale d’instituteur de Rodez, j’étais alors à Montpellier où je préparais le concours d’entrée à l’ENS.J’avais abandonné ma préparation pour venir à Decazeville où mon père , réfugié républicain espagnol,était mineur Voilà il s’agit d’un détail. Qui 50 ans après n’a plus guère d’importance.
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    • Une grève peu ordinaire : Decazeville 1961- 1962
      5 juillet 2010 17:05, par webmaster

      Monsieur, bonsoir,

      merci pour votre message et les précisions qui apparaîtront à la fin de l’article de notre auteur. si toutefois vous aviez un témoignage avec des photos à nous transmettre nous pourrions les publier. Cordialement, Max Lagarrigue


      Répondre à ce message

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