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Une grève peu ordinaire : Decazeville 1961- 1962

Par Philippe Marcy
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Jean Philippe Marcy est correspondant départemental de l’Aveyron IHTP et membre d’Arkheia.

(...) national et international (...) » La presse locale se fait un large écho de l’émission. Le 8 janvier 1962, le Conseil Général de l’Aveyron tient une session extraordinaire, entièrement consacrée à Decazeville il vote une subvention de 10 millions en faveur des grévistes et demande à son Président de prendre les contacts nécessaires pour l’ouverture des pourparlers avec le ministre.

La manifestation du 9 janvier : l’élargissement de l’action

Le 9 janvier, 18000 manifestants selon la préfecture, 30000 selon la presse, sont présents à Decazeville. Il y a des milliers d’agriculteurs. Les slogans qui apparaissent sur les pancartes montrent que la mobilisation se fait autour de la défense de la mine et autour de l’emploi en général : « Du travail pour tous » « l’Aveyron sera équipé de 250000 vaches et de 250 bergers sans bergère », « D’abord les hommes, les machines après », « Quel travail pour les jeunes ? », « Unis pour le travail dans l’Aveyron ». Marcel Bruel exalte l’union des paysans et des mineurs : « Non, ce n’est pas du poujadisme, de ceci ou de cela, c’est de la défense que nous faisons (...) Même si les mineurs sortent la tête haute, nous aurons le devoir de continuer pour que vive notre département. Sans cela, nos fils n’auront plus qu’à être des CRS. Or, nous n’avons pas mis au monde des enfants pour qu’ils soient des CRS (...) » Il critique par ailleurs l’attitude du Conseil Général qui aurait dû démissionner et de son président qui n’aurait pas dû monter à Paris. Fabre et Bruel lancent l’idée d’une fédération des départements déshérités de la région. Selon la préfecture, la CFTC s’est montrée la plus dure vis-à-vis du pouvoir. Il y a eu des barrages routiers, souvent mis en place par des militants de la FDSEA. La gendarmerie s’est certainement montrée beaucoup plus diplomate que ne le souhaitait le préfet, afin d’éviter des troubles graves . « En raison de l’affluence et de l’excitation de la part des paysans, nous n’avons pu interpeller ces derniers, sans risque de créer un incident sérieux (...) » La voie ferrée a été bloquée le matin à Capdenac et le soir 2 km avant Cransac (à proximité d’Aubin). Là aussi, les forces de l’ordre se sont montrées plus conciliantes. Le commissaire confirme au sous-préfet que « malgré les instructions qui lui avaient été données, il n’a pu relever d’infractions, craignant que celles-ci n’entraînent de répercutions fâcheuses (...) » Par ailleurs la grève a souvent été largement suivie par la Fonction Publique. Elle a été massive dans l’Education Nationale. Le préfet se permet d’écrire au ministre de l’Intérieur : « beaucoup n’ont pas eu le courage de se rappeler que le devoir de fonctionnaire d’Etat devait passer avant leur devoir de ne pas s’aliéner les sympathies locales. » Le préfet, voulant faire preuve (...)


Réagir à cet article 2 Messages de forum
  • Une grève peu ordinaire : Decazeville 1961- 1962
    8 juin 2010 22:33, par Donato Pelayo
    Vous évoquez la grève de la faim des mineurs. Vous omettez de mentionner que six fils de mineurs,à mon initiative, avaient courant décembre fait une grève de la faim salle du conseil municipal puis de l’Amicale laïque,pendant une semaine. Après être passé par l’école normale d’instituteur de Rodez, j’étais alors à Montpellier où je préparais le concours d’entrée à l’ENS.J’avais abandonné ma préparation pour venir à Decazeville où mon père , réfugié républicain espagnol,était mineur Voilà il s’agit d’un détail. Qui 50 ans après n’a plus guère d’importance.
    Répondre à ce message
    • Une grève peu ordinaire : Decazeville 1961- 1962
      5 juillet 2010 17:05, par webmaster

      Monsieur, bonsoir,

      merci pour votre message et les précisions qui apparaîtront à la fin de l’article de notre auteur. si toutefois vous aviez un témoignage avec des photos à nous transmettre nous pourrions les publier. Cordialement, Max Lagarrigue


      Répondre à ce message

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