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Une grève peu ordinaire : Decazeville 1961- 1962

Par Philippe Marcy
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Suppléments
Jean Philippe Marcy est correspondant départemental de l’Aveyron IHTP et membre d’Arkheia.

(...) d’autorité, demande à tous les chefs de service de l’administration de lui faire connaître les mesures prises et il veut connaître les défaillances fonctionnelles .Le Directeur des Archives lui répond : « comme il était prévu, tous les Aveyronnais, suivant l’exemple de leurs parlementaires et du Conseil Général, ont tenu à manifester devant le silence obstiné apporté par le gouvernement central aux revendications locales. Aveyronnais moi-même et n’ayant reçu aucune instruction de ma direction, ni de vous-même, je n’ai pas cru pouvoir m’opposer à ce mouvement généralisé (...) » Le 11 janvier, quelques centaines de jeunes sont rassemblés à Decazeville. Joulie de la CGT et Cazedevals de FO condamnent l’action entreprise par les jeunes à la gare de Cransac. Labrune (CGT) s’en prend vivement à la presse nationale – Paris Match, notamment, est brûlé. La presse locale aborde la question du développement régional. Le 13 janvier, Bonnefous fait au Conseil Général le compte rendu de la démarche effectuée le 12 auprès du ministre de l’Industrie. Le Conseil Général « estime insuffisantes et trop imprécises les concessions limitées de M. le ministre et s’élève contre le préalable absolu qu’il a posé concernant la cessation de la grève avant toute reprise, (...) décide par souci d’efficacité de maintenir en suspens sa décision de démission pour permettre à son Président de tenter de nouvelles démarches auprès du Gouvernement. » cette motion traduit l’embarras de l’assemblée. Onze conseillers sur 41 sont pour la démission collective . La CFTC est vivement déçue. D’après le préfet, le MRP et les indépendants souhaitent se retirer du mouvement mais ne veulent pas que les mineurs perdent la face. Le 14 janvier 1962, les organisations syndicales (CFTC, CGT, FO, FEN, et la FDSEA) et les Chambres (Commerce et Industrie, Métiers, Agriculture) rédigent la déclaration suivante : « L’ensemble du département a pris conscience que son avenir économique est étroitement lié à une solution favorable du conflit des mineurs, car se trouve à travers lui tout le problème d’une décentralisation et d’une reconversion effectives . » Le préfet commente sévèrement l’action de la CGT et de la Dépêche : « Tout se passe comme si les uns et les autres voulaient provoquer l’échec de la mission du Docteur Bonnefous. » Le Rouergat est amené à faire le commentaire suivant : « Ainsi, le mouvement qui a débuté par un front intérieur, aujourd’hui en voie de dislocation, s’efforce-t-il de survivre par une régionalisation qui va désormais lui donner un aspect essentiellement politique . » Le commissaire de Decazeville note un sentiment de lassitude, les commerçants ne sont plus aussi déterminés à soutenir la grève des mineurs, mais le clergé la soutient et la JOC se montre toujours aussi ferme, n’acceptant pas les critiques du Comité (...)

Réagir à cet article 2 Messages de forum
  • Une grève peu ordinaire : Decazeville 1961- 1962
    8 juin 2010 22:33, par Donato Pelayo
    Vous évoquez la grève de la faim des mineurs. Vous omettez de mentionner que six fils de mineurs,à mon initiative, avaient courant décembre fait une grève de la faim salle du conseil municipal puis de l’Amicale laïque,pendant une semaine. Après être passé par l’école normale d’instituteur de Rodez, j’étais alors à Montpellier où je préparais le concours d’entrée à l’ENS.J’avais abandonné ma préparation pour venir à Decazeville où mon père , réfugié républicain espagnol,était mineur Voilà il s’agit d’un détail. Qui 50 ans après n’a plus guère d’importance.
    Répondre à ce message
    • Une grève peu ordinaire : Decazeville 1961- 1962
      5 juillet 2010 17:05, par webmaster

      Monsieur, bonsoir,

      merci pour votre message et les précisions qui apparaîtront à la fin de l’article de notre auteur. si toutefois vous aviez un témoignage avec des photos à nous transmettre nous pourrions les publier. Cordialement, Max Lagarrigue


      Répondre à ce message

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