Arkheia, revue d'histoire

Une grève peu ordinaire : Decazeville 1961- 1962

Par Philippe Marcy
Retour au sommaire Retour au sommaire
Article publié dans
Suppléments
Jean Philippe Marcy est correspondant départemental de l’Aveyron IHTP et membre d’Arkheia.

(...) Presse déclare : « Ils ont envisagé cette grève de la faim, soulignait dans sa récente déclaration Mgr Ménard, évêque de Rodez, non comme un acte de désespoir, mais comme une expression de leur fermeté au lieu de céder à la violence à l’égard des autres. » Le préfet reçoit la visite du comité Intersyndical : « J’ai trouvé le Comité Intersyndical anxieux de voir se terminer le conflit que l’opinion appuie de moins en moins, mais soucieux d’autre part d’obtenir des avantages équivalents suivant les catégories (...) ». Le 7 février, une délégation de la Commission Sénatoriale des Affaires Sociales se rend à Rodez et à Decazeville. Dans le rapport publié, on peut lire : « Les plus hautes personnalités rencontrées, comme les dirigeants syndicaux, comme le plus humle des mineurs, pensent avec une unanimité tout à fait frappante que la fixation à 1965 de la fermeture de l’exploitation au fond est d’une insupportable brutalité (...) A tort ou à raison les intéressés, les parlementaires, les dirigeants syndicaux ont l’impression d’avoir pris connaissances des dispositions octroyées et non discutées ». La Commission critique le mode de fonctionnement du cabinet ministériel. « L’on ne reconvertit pas des hommes, des régions, comme l’on transforme des machines . » Après le discours du Premier Ministre Michel Debré qui ne veut voir dans la grève qu’une action politique « Les grévistes de Decazeville réagissent vigoureusement. » Une délégation des femmes de mineurs s’est rendue à Paris, elle a reçu un appel sympathique des groupes de l’Assemblée Nationale et du Sénat, mais elle est déçue de l’accueil réservé à l’Elysée, à Matignon et au Ministère de la Santé. Les différents comités de femmes de mineurs envoient des lettres au préfet et « s’étonnent qu’au XXe siècle de telles choses puissent se produire. »

La grève de la faim dure

Après la réunion du 9 février entre le préfet et les délégués du Comité Intersyndical, les organisations ouvrières s’interrogent : « L’unité syndicale est soumise à rude épreuve. » Le 12 février, le conseil de l’UD/CFTC fait paraître le communiqué suivant : « Dans la confusion si profonde et si générale de l’opinion publique, la CFTC est décidée à conserver ses forces entièrement disponibles et aptes à répondre aux décisions qu’elle aura à prendre au moment où les échéances interviendront ». Comment interpréter ce texte ? Il y a en tout cas des divergences entre la CFTC de Decazeville et la Fédération CFTC des mineurs. Jean Bornard vient à Decazeville . Les députés à la suite de leur visite demandent une entrevue au Premier Ministre.

La fin du conflit

Le 15 février, Raymond Barre, directeur de cabinet du Ministre de l’Industrie et M. Verret, président du Conseil d’Administration des Charbonnages de France, sont à Rodez. Les décisions (...)


Réagir à cet article 2 Messages de forum
  • Une grève peu ordinaire : Decazeville 1961- 1962
    8 juin 2010 22:33, par Donato Pelayo
    Vous évoquez la grève de la faim des mineurs. Vous omettez de mentionner que six fils de mineurs,à mon initiative, avaient courant décembre fait une grève de la faim salle du conseil municipal puis de l’Amicale laïque,pendant une semaine. Après être passé par l’école normale d’instituteur de Rodez, j’étais alors à Montpellier où je préparais le concours d’entrée à l’ENS.J’avais abandonné ma préparation pour venir à Decazeville où mon père , réfugié républicain espagnol,était mineur Voilà il s’agit d’un détail. Qui 50 ans après n’a plus guère d’importance.
    Répondre à ce message
    • Une grève peu ordinaire : Decazeville 1961- 1962
      5 juillet 2010 17:05, par webmaster

      Monsieur, bonsoir,

      merci pour votre message et les précisions qui apparaîtront à la fin de l’article de notre auteur. si toutefois vous aviez un témoignage avec des photos à nous transmettre nous pourrions les publier. Cordialement, Max Lagarrigue


      Répondre à ce message

| RECHERCHE |
Plan du site
Témoignages, suppléments, courriers et compléments d'articles...

Découvrez les + d'Arkheia,
un ensemble de contenus exclusifs, à consulter en ligne.
soutenez la revue Arkheia
L’association Arkheia regroupe un collectif totalement bénévoles qui oeuvre depuis maintenant 10 ans pour collecter des archives, recueillir des témoignages de témoin clé comme d’anonyme pour mettre à jour notre histoire locale, notre patrimoine commun régional. Ce n’est que par la contribution de nos lecteurs et plus particulièrement par leur abonnement que ces recherches et surtout la publication de la revue Arkheia est rendue possible. Alors offrez Arkheia à ceux que vous aimez ! Un ouvrage offert pour chaque abonnement de soutien.
1940, le Sud-Ouest dans la tourmente
« Le Midi rouge » est - il bien une (...) A l’occasion de la parution en livre de poche de leur dernier ouvrage Histoire des gauches en France, les historiens Jean-Jacques Becker et Gilles Candar ont accepté de répondre aux questions de (...)
Abonnez-vous !

Pour ne rater aucun de nos n°, abonnez-vous ! Seulement 20 € pour une année complète d’Arkheia