Arkheia, revue d'histoire

Virgile Barrel, 1889-1979 de Dominique Olivesi

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Critiques de livres
auteur : historien, directeur de la revue Arkheia.

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Avec son prénom de poète latin Virgile Barel, de son vrai nom Joseph Barel, fait penser au personnage de Marcel Pagnol ou de Pépone, derrière ce paravent humoristique du Midi provençal, Barel est l’une des grandes figures du Parti communiste français des Alpes-Maritimes.

Né le 17 décembre 1889 à Drap, Joseph Barel est issu d’une famille d’artisan modeste. Élève doué, il parvient avec succès à entrer, en 1906, à l’École Normale d’instituteurs de Nice dont il sort premier en 1909. Il entame sa carrière dans la petite commune de Breil. Sensibilisé dès son plus jeune âge par un père socialiste, Joseph Barel s’investit dans le syndicalisme. Mobilisé en juillet 1914, la Grande Guerre va profondément changer le jeune instituteur syndicaliste en révolutionnaire professionnel. “ Ce parcours d’officier, patriote consciencieux et courageux masque cependant une faille intérieure, une crise morale et intellectuelle souterraine qui va bientôt conduire Barel à un rejet global et virulent de l’institution militaire et de ses valeurs. La guerre a mûri l’homme (…) elle l’a transformé en profondeur et conduit sur la voie de la dissidence. Elle a métamorphosé le paisible instituteur de 1914 socialiste sentimental en pacifiste idéologique. Elle a fait de lui un révolté qui aspire à de grands bouleversements ” (p. 28) déclare Dominique Olivesi. Blessé, profondément meurtri du carnage des tranchées, Barel est devenu un farouche antimilitariste comme toute une génération de poilus. Cette expérience tragique de la guerre le conduit à adhérer, après le congrès de Tours, à la SFIC. Dès lors, Joseph Barel devient un militant chevronné sillonnant le département des Alpes-Maritimes. D. Olivesi sans parvenir à être exhaustif, témoigne de cet engagement militant total : “ Il est de toutes les grèves, de tous les mouvements de revendication ou de contestation : paysans de l’arrière-pays, horticulteurs de Golfe-Juan, habitants du vieux Menton, employés du secteur bancaire à Monaco ou des grands magasins, de l’hôtellerie, des trams, douaniers de la vallée de la Roya… ” (p. 53). Plusieurs fois condamné, mis à pied, menacé d’être révoqué, rien ne parvint à l’arrêter dans sa quête. Il gravit, pas à pas, toutes les marches du cursus honorum du militant syndicaliste communiste, au point de devenir la figure emblématique du communisme niçois. Député "indéboulonnable" de Nice, il conserve son mandat de 1936 à1939 puis de 1945 à 1951, de 1956 à 1958 et enfin de 1967 à 1978. Barel est le notable rouge par excellence. A titre comparatif, il serait judicieux de rapprocher sur bien des aspects le parcours de Virgile Barel à celui de Renaud Jean, militant paysan du Sud-Ouest devenu l’un des premiers députés communistes de France en décembre 1920 et le chantre du communisme rural. Les deux hommes se connaissent et s’apprécient. La preuve en est donnée (...)


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