Arkheia, revue d'histoire

Virgile Barrel, 1889-1979 de Dominique Olivesi

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Critiques de livres
auteur : historien, directeur de la revue Arkheia.
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(...) profits de haut en bas de l’échelle sociale. Une aristocratie cosmopolite, une bourgeoisie affairiste de privilégiés de la fortune, de “ riches parasites ” (…) dépensent sans compter, assurent la saison touristique, donc le gagne-pain et le travail de milliers de famille ” signale D. Olivesi. Il ajoute : “ La Côte d’Azur sans classe ouvrière industrielle, avec son prolétariat italien privé de citoyenneté, représente le terrain le moins propice qu’on puisse imaginer au bouleversement social, le moins favorable à l’implantation et à la progression de l’idée révolutionnaire ” (p. 57). C’est à partir de ce terreau défavorable au communisme que Barel parvient à sortir son idéologie de ses contradictions. La seule issue est pour la voie utopiste, c’est ce à quoi Barel va s’employer en faisant de la Côte d’Azur une “ Riviera prolétarienne ”. “ Si la Côte d’Azur bourgeoise et capitaliste offrait du travail aux prolétaires, la Russie rouge devait leur offrir le “ paradis ”. Sur les bords de la Méditerranée plus qu’ailleurs, (…) dans cette optique radieuse, le pédagogue de la révolution (…) imagine pour le futur, une Côte d’Azur transformée “ Riviera prolétarienne ”, une Côte d’Azur, pays de cocagne, jardin d’Eden touristique des travailleurs de France et d’Europe, une Côte d’Azur idéale, terre d’accueil, de repos, de loisirs, de vacances, de convalescence des prolétaires des mines, de l’usine et des champs ” (p. 58). Virgile, poète communiste et utopiste fantasque, dessine à grand coup de crayon son rêve d’une Côte d’Azur qui ressemble à une “ Crimée française contournant ainsi l’obstacle (économique, sociologique) ” et “ parvenait tant bien que mal à surmonter la contradiction entre Côte d’Azur et Révolution ”. C’est de cette conviction que découle l’idée-force de Barel qui donne à ce fervent stalinien un aspect hors-norme. Mais comme si la nature reprenait son droit Dominique Olivesi dans cette biographie réussie de Barel rappelle sans faux-fuyant, ni détour que “ derrière l’image rassurante et chaleureuse de l’enfant du pays, derrière la façade du maître d’école débonnaire qui par son physique rappelait plus Chaplin que Staline un autre Barel, plus secret et nettement moins séduisant : le petit chef communiste étroit, étriqué, enfermé dans sa “ culture du parti ”, serviteur zélé et besogneux de la ligne, modeste rouage de la grande machinerie moscoutaire, laudateur immodéré et effréné de la Patrie du socialisme, de ses réalisations et de ses pires aberrations. (…) La vraie pensée politique de Barel a été la fidélité au PCF qui modelait les comportements sur celui du Parti communiste bolchevik ”.

Dominique Olivesi, Virgile Barrel, 1889-1979. De Riquier à la Crimée française, Nice, Éditions de Serre, 1996, 406 p. 

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