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Jan Karski, wikipedia et les négationnistes

Par Jean-Louis Panné
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : Historien et éditeur chez Gallimard, il fut jusqu’en 1984 secrétaire de Boris Souvarine. Il est notamment l’auteur de Boris Souvarine, le premier désenchanté du communisme (Robert Laffont, 1993) ; La négation de la famine en Ukraine (1932-1933) (L’Atalante, 2003) ; Jan Karski, Le roman et l’histoire (Ed. Pascal Galodé, 2010.)

(...)  : Jan Karski, Jan Nowak, Tadeusz Chiuk-Celt (« Appendice V », pages 277-286 de l’édition française). En ce qui concerne Jan Karski, on ne trouve nulle trace d’une quelconque réticence de la part du professeur envers le témoignage de celui qu’il remercie en ces termes : « Je remercie le Pr. Jan Karski d’avoir patiemment supporté un interrogatoire en règle (Washington, 3 septembre 1979). » Formule qui prend tout son relief lorsqu’on lit la seconde phrase de l’appendice : « Karski n’était ni le premier ni le dernier courrier à arriver de Varsovie, mais en ce qui concerne les informations sur le sort des Juifs en Pologne, il fut certainement le plus important. » Force est de constater que les rédacteurs anonymes de la rubrique « Réserves d’historiens » de Wikipedia font dire à W. Laqueur le contraire de ce qu’il a écrit. Le procédé de dénigrement destiné à aboutir à une disqualification du témoignage de Jan Karski est dans ce cas clairement mensonger et contraire à la vérité. À aucun moment, Walter Laqueur ne met en cause la validité du témoignage de Jan Karski. Il termine cependant avec cette remarque concernant Mon Témoignage devant le monde, paru fin 1944 : « Mais la guerre n’était pas encore finie à ce moment-là, et l’auteur avait dû se censurer lui-même. » Question sur laquelle nous reviendrons… à propos d’un autre livre.

Qu’en est-il de l’opinion de Raul Hilberg concernant Karski ?

Si Raul Hilberg, en 1986, n’était pas enclin à citer Jan Karski, il serait intéressant d’en connaître les raisons et ne pas se contenter d’une simple formule laconique en réponse à une question inconnue. Une simple phrase sortie de son contexte ne saurait avoir valeur de vérité définitive. Au demeurant, c’est la nature de ses travaux qui déterminait le choix du type de documents sur lesquels il entendait s’appuyer. En revanche, dans son livre Exécuteurs, victimes, témoins (4), R. Hilberg fait place au témoignage de Jan Karski dans son chapitre XX : « Les Porteurs de nouvelles » (p. 247-250). Entre 1986 et 1992, l’historien a donc considéré qu’il devait tenir compte du témoignage de Jan Karski, ce qui suffit à relativiser son propos de 1986. Dans ces pages, R. Hilberg reprend l’essentiel du parcours de Jan Karski. S’il note des contradictions mineures (garde estonien ou letton, et une erreur sur la provenance des Juifs que Karski a vu à Izbica), Hilberg ne rejette ni ne déprécie le témoignage de Karski.

J’ai recherché l’origine des deux références qui forment à elles seules la seule mention de la soi-disant contestation du témoignage de Jan Karski : je les ai trouvées, très exactement citées, dans un texte en ligne depuis août 2000 sur le site de l’AAARGH, c’est-à-dire l’Association des anciens amateurs de récits de guerre et d’holocauste, site négationniste bien connu. Ce texte : « Le dossier d’un faux (...)



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