Arkheia, revue d'histoire

édito

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Arkheia n°2-3
Auteur : Max Lagarrigue, historien, directeur-fondateur de la revue Arkheia.

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Combien de temps durera la revue Arkheia ? C’est un peu la question que nous nous posions au début de cette folle entreprise éditoriale, un numéro, deux ? Quelques zélés laudateurs s’étaient empressés, ils se reconnaîtront, de me confier que ce projet était voué à l’échec, qu’il était impossible. Ces brillants détracteurs pensaient à tort qu’il n’y avait pas de lectorat pour une revue d’histoire régionale sur le XXe siècle. S’était compter sur le fait que les lecteurs de notre région ne s’intéressaient qu’aux articles d’une presse racoleuse, avide de sensationnel qui privilégie le scoop aux articles longs et analytiques. Une presse qui préfère le temps court où l’information n’est que rarement disséquée. Cette presse n’est d’ailleurs pas toujours celle à laquelle on s’attend. En effet, les colonnes de Libération ne nous informaient-elles pas sur une pleine page d’une affaire Churchill-De Gaulle qui n’était un scoop que pour la journaliste qui l’avait signée. [1] Comme il est de coutume dans ce genre d’affaire, le très sérieux journal Le Monde s’empressait à tambour battant de reprendre cette affaire connue de tous. Si cette fanfare médiatique démontre, si ce n’était déjà fait, que certains journaux sont plus des entreprises commerciales que des médias, elle nous conforte dans le fait que l’histoire a une fonction et si nous pouvons dire "utilité" pour nos contemporains, celle d’une mémoire. Une mémoire qui doit lutter, et le mot n’est pas trop fort, pour préserver de l’oubli ou de l’abus certaines dérives auxquelles nous assistons. Si la mission de l’historien est bel et bien de comprendre et, avant de se risquer à dire pourquoi, de chercher à savoir comment s’est produit ce passé pour reprendre les mots de Pierre Laborie, [2] elle a aussi, peut-être, pour charge d’être une mémoire militante, pas dans un sens idéologique, mais pour rappeler à chacun que certaines vérités livrées aujourd’hui à grand renfort d’exclusivité n’est qu’un miroir aux alouettes pour ravir les tiroirs-caisses des vendeurs de papiers. Si cet événement n’est pas grave en soit, excepté pour la journaliste qui n’aura fait qu’illustrer dans cet article sa paresse intellectuelle, cette affaire nous conforte dans le choix du travail, dois-je le rappeler, bénévole que nous avons entrepris avec la publication d’Arkheia. Même si la référence est ici fort prétentieuse, notre travail n’est-il pas de ruiner les logiques décrites dans le 1984 de Georges Orwell celle de " L’Histoire palimpseste gratté et réécrit aussi souvent que nécessaire. Le changement effectué, il n’aurait été possible en aucun cas de prouver qu’il y avait eu falsification ".3 L’actualité ne nous donne-t-elle pas, une fois encore, raison ? En Suisse, une affaire autour d’un ouvrage sur des souvenirs d’un enfant déporté, best-sellers traduit en 13 langues qui a reçu le prix Mémoire de la Shoah s’est avéré écrit par un mythomane, (...)

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