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	<title>Arkheia, revue d'histoire</title>
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	<description>Revue d'histoire / Histoire, m&#233;moire du Vingti&#232;me si&#232;cle en Sud-Ouest.</description>
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		<title>Arkheia, revue d'histoire</title>
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		<title>Le contr&#244;le de la fronti&#232;re espagnole en f&#233;vrier 1939</title>
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<category domain="http://arkheia-revue.org/-Seconde-Guerre-mondiale,33-.html">Seconde Guerre mondiale</category>

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		<description>Vis&#233;es s&#233;curitaires et r&#233;orientation g&#233;ostrat&#233;gique : le contr&#244;le de la fronti&#232;re espagnole en f&#233;vrier 1939 La chute de Barcelone le 26 janvier 1939 avait convaincu les derniers optimistes de l'imminence d'une guerre europ&#233;enne.

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Fran&#231;ois NATIVIT&#201;&lt;/strong&gt; est docteur en histoire militaire et &#233;tudes de d&#233;fense de l'universit&#233; Paul Val&#233;ry Montpellier III. Il a soutenu derni&#232;rement sous la direction du professeur Jules Maurin, une th&#232;se intitul&#233;e : Culture d'ordre et identit&#233;s r&#233;gionales. La gendarmerie sous l'Occupation dans les d&#233;partements pyr&#233;n&#233;ens (1939-1944).&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vis&#233;es s&#233;curitaires et r&#233;orientation g&#233;ostrat&#233;gique : le contr&#244;le de la fronti&#232;re espagnole en f&#233;vrier 1939 La chute de Barcelone le 26 janvier 1939 avait convaincu les derniers optimistes de l'imminence d'une guerre europ&#233;enne. Peut-&#234;tre &#233;voqua-t-elle aussi l'appel angoiss&#233; que Blum diffusa dans les locaux de la SFIO &#224; la fin 1936, &#171; mais sans un bloc de d&#233;mocratie, combien de temps donnez-vous &#224; vivre aux r&#233;gimes parlementaires ? &#187; ou encore, les espoirs r&#233;volus lorsqu'&#224; Nyon, ces m&#234;mes d&#233;mocraties avaient agi avec ensemble et fermet&#233; en assumant le devoir qui leur incombait : se dresser courageusement pour d&#233;fendre le droit, quels que fussent les risques inh&#233;rents &#224; leur entreprise1. En tout &#233;tat de cause, elle avait sonn&#233;
le glas du semblant de qui&#233;tude et d'optimisme affich&#233; par les autorit&#233;s fran&#231;aises depuis l'adoption du principe de &#171; non-intervention &#187;. Avec le passage massif des r&#233;publicains espagnols dans les Pyr&#233;n&#233;es-Orientales, les premi&#232;res effluves du futur conflit mondialis&#233; vinrent frapper &#224; la porte de frontaliers incr&#233;dules. En concr&#233;tisant les &#171; fantasmes partag&#233;s de l'avant-guerre2 &#187;, cet afflux de population &#233;trang&#232;re avait enflamm&#233; de mani&#232;re anticip&#233;e l'ensemble de la fronti&#232;re franco-espagnole, et ouvert la voie aux hostilit&#233;s de la campagne de 39-40.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Pr&#233;ambule s&#233;curitaire et veill&#233;e d'armes&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Davantage pr&#233;occup&#233;e par la mont&#233;e des p&#233;rils en Europe centrale que par les r&#233;els dangers qui se profilaient outre Pyr&#233;n&#233;es, la politique du gouvernement fran&#231;ais face &#224; la situation ib&#233;rique &#233;tait longtemps rest&#233;e prudente voire passive ; et ce en d&#233;pit des nombreuses alertes &#233;mises par les services de l'ambassade de France &#224; Madrid, ou par les militaires en poste &#224; la fronti&#232;re. D&#233;j&#224; en 1937, suite &#224; l'offensive franquiste sur Malaga (f&#233;vrier) et au bombardement de Guernica par la L&#233;gion Condor (24 avril), l'ambassadeur de France avait signal&#233; les cons&#233;quences &#233;ventuelles de la conflagration dans les r&#233;gions industrielles du Nord, et chiffr&#233; &#224; plusieurs dizaines de milliers le nombre des r&#233;fugi&#233;s potentiels. De m&#234;me en mars 1938 durant la bataille d'Aragon, le lieutenant-colonel Morel (attach&#233; militaire fran&#231;ais &#224; Barcelone) puis le consul Camps, avaient tour &#224; tour soulign&#233;
l'imminence du danger et demand&#233; qu'on r&#233;fl&#233;ch&#238;t &#224; l'installation de centre d'h&#233;bergement pour plusieurs dizaines de milliers de personnes3. Pour autant, la France avait r&#233;cus&#233; jusqu'au dernier moment l'&#233;ventualit&#233; d'un exode sur son territoire. S&#251;re de sa force et de l'efficacit&#233; de ses syst&#232;mes de surveillance transfrontaliers, elle &#233;tait rest&#233;e sourde &#224; ces signaux avantcoureurs, occultant par l&#224; m&#234;me les pr&#233;c&#233;dents transferts de population. Depuis la campagne de Guip&#250;zcoa, environ 40 000 &#224; 45 000 r&#233;fugi&#233;s espagnols avaient d&#233;j&#224; pass&#233; la fronti&#232;re. &#192; la mi-novembre 1938, alors que les divisions italiennes, marocaines et navarraises de Franco
entamaient la conqu&#234;te de la Catalogne, on pouvait encore lire dans le rapport de situation du chef d'&#233;tat-major de la 16e r&#233;gion militaire, les mots suivants : &#171; la fronti&#232;re espagnole est bien gard&#233;e et les monts pyr&#233;n&#233;ens forment &#224; cette &#233;poque de l'ann&#233;e un verrou quasi infranchissable en cas de tentative d'invasion4 &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fort de ces certitudes, quelques jours plus tard, le Pr&#233;sident du Conseil fit m&#234;me diminuer le nombre de pelotons de Gardes r&#233;publicains mobiles (GRM) charg&#233;s du contr&#244;le de la fronti&#232;re dans les Pyr&#233;n&#233;es-Orientales et l'Ari&#232;ge, afin de reconstituer les r&#233;serves susceptibles d'&#234;tre utilis&#233;es sur le front de l'Est5. Comme l'a montr&#233; l'historien Jacques Saquer, il fallut attendre le 24 janvier 1939 et une demande officielle d'accueil de population formul&#233;e par le ministre espagnol des Affaires &#233;trang&#232;res Alvarez del Vayo, pour que les autorit&#233;s fran&#231;aises se penchent enfin sur les probables cons&#233;quences migratoires qui d&#233;couleraient de la chute de Barcelone. Cet immobilisme politique &#233;tait significatif du d&#233;sarroi de la diplomatie fran&#231;aise face &#224; la crise espagnole. Avant le vote de confiance obtenu &#224; la fin du mois de janvier 1939 par Georges Bonnet sur le maintien de la nonintervention,
la France n'avait pas su trancher entre deux solutions : secourir vigoureusement les R&#233;publicains pour leur &#233;viter la d&#233;faite &#8211; cette solution d&#233;fendue par les d&#233;put&#233;s communistes et socialistes impliquait le risque d'un conflit g&#233;n&#233;ralis&#233; en Europe &#8211; ou, comme le souhaitaient depuis quelques mois certains parlementaires conservateurs, entamer de v&#233;ritables discussions avec le g&#233;n&#233;ral Franco. En d&#233;finitive, c'est l'acc&#233;l&#233;ration brutale des &#233;v&#233;nements militaires qui poussa la France &#224; revoir sa politique ib&#233;rique. Avec la victoire d&#233;sormais in&#233;vitable des troupes nationalistes, la strat&#233;gie de l'attentisme avait v&#233;cu. L'option de l'aide &#224; la R&#233;publique d&#233;finitivement &#233;cart&#233;e, la seconde solution s'imposait et la question des r&#233;fugi&#233;s devint urgente6.
Refusant d'assumer seule cette responsabilit&#233;, la France opta dans un premier temps pour un simple traitement s&#233;curitaire du probl&#232;me pos&#233;. Le 25 au matin, selon les consignes du minist&#232;re de la D&#233;fense et de la Guerre, le dispositif de surveillance transfrontalier fut une premi&#232;re fois renforc&#233; afin de fermer les voies d'acc&#232;s au territoire national et de dissuader les candidats au passage. Mais tr&#232;s vite, devant le manque de collaboration des autorit&#233;s espagnoles, la France dut assouplir ses positions. Quarante-huit heures plus tard, le gouvernement annon&#231;a son d&#233;sir de faire un geste en faveur des populations en d&#233;tresse. Dans un &#171; souci d'humanit&#233; conforme &#224; la tradition r&#233;publicaine &#187;, le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur envoya &#224; tous les pr&#233;fets du sud de la France une circulaire pr&#233;cisant ses nouvelles instructions : &#224; compter du 27 janvier, les enfants, les femmes et les vieillards qui se pr&#233;senteraient &#224; la fronti&#232;re devaient &#234;tre recueillis, sans pour autant que cela remette en cause la s&#233;curit&#233; g&#233;n&#233;rale du pays. En plus du rappel des n&#233;cessaires qualit&#233;s &#224; observer trois cas de figure furent envisag&#233;s : ceux qui souhaitaient retourner en Espagne devaient &#234;tre encourag&#233;s dans leurs d&#233;marches ; ceux qui projetaient de rester et qui disposaient de ressources suffisantes devaient &#234;tre &#233;vacu&#233;s vers des d&#233;partements m&#233;tropolitains situ&#233;s plus &#224; l'int&#233;rieur du territoire, enfin, les indigents qui ne voudraient pas repasser les Pyr&#233;n&#233;es devaient &#234;tre soign&#233;s et h&#233;berg&#233;s7. Si l'on en croit les paroles du ministre de l'Int&#233;rieur Albert Sarraut, prononc&#233;es lors de sa visite dans les Pyr&#233;n&#233;es-Orientales &#224; la fin du mois de janvier, les choses paraissaient claires : &#171; les femmes et les enfants on les re&#231;oit, les valides on les renvoie, les bless&#233;s on les soigne8 &#187; !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; la simple lecture de ces fanfaronnades, de toute &#233;vidence nos dirigeants n'avaient pas d'embl&#233;e pris conscience de l'ampleur de la crise, ni de la menace qui pesait sur le pays. Tout aussi &#233;tonnant que puisse para&#238;tre a posteriori ces tergiversations politiques teint&#233;es de suffisance, il semble qu'elles n'aient en rien tranch&#233; avec les attentes et les volont&#233;s de la
population pyr&#233;n&#233;enne. Ce n'est qu'avec le d&#233;ferlement des r&#233;fugi&#233;s en armes que les consciences allaient r&#233;ellement &#233;voluer. Comme l'a d&#233;crit Marie-Claude Rafaneau-Boj, l'arriv&#233;e de soldats d&#233;band&#233;s m&#234;l&#233;s au reste de la foule suscita haine et peur des autochtones, en raison de la remise en cause de la neutralit&#233; fran&#231;aise que leur pr&#233;sence sur le territoire national pouvait provoquer. Non content d'encourager le sentiment g&#233;n&#233;ral d'ins&#233;curit&#233;, avec ce nouveau probl&#232;me, la guerre &#233;tait devenue palpable, et la campagne antir&#233;publicaine d&#233;clench&#233;e par la droite et l'extr&#234;me droite depuis la fin de l'ann&#233;e 1938 put enfin exulter. Pour ces formations politiques, l'heure n'&#233;tait plus aux observations distanci&#233;es. Il fallait r&#233;agir sous peine de voir l'int&#233;grit&#233; du territoire c&#233;der sous les coups de butoir des troupes nationalistes espagnoles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La perspective de l'exode massif de Catalogne effrayait la plupart des Fran&#231;ais ; effroi largement r&#233;pandu et entretenu par les mouvances conservatrices. Des journaux mod&#233;r&#233;s, habituellement proches des r&#233;publicains, se firent &#233;cho de la presse la plus r&#233;actionnaire.
M&#234;me La D&#233;p&#234;che, qui refl&#233;tait la position du gouvernement, multiplia les avertissements sur les risques encourus par la pr&#233;sence d'&#233;l&#233;ments extr&#233;mistes, communistes ou anarchistes, et demanda l'envoi d'appuis militaires en vue de se prot&#233;ger de ce qu'elle qualifiait les &#171; hordes terroristes &#187;. Dans la majorit&#233; de la presse, on assista &#224; cette &#233;poque &#224; une surench&#232;re des descriptions d'atrocit&#233;s ou d'exactions commises outre Pyr&#233;n&#233;es par les &#171; assassins &#187; de la FAI. (Federacion Anarquista Iberica), du PCE (Partido Comunista de Espa&#241;a), et du POUM (Partido Obrero de Unificacion Marxista). Depuis la fin janvier 1939, Barcelone &#233;tait tomb&#233;e. L'exode le plus dramatique de toute la guerre d'Espagne venait de commencer9.
En l'espace de dix-huit jours (du 27 janvier au 15 f&#233;vrier 1939), plus de 450 000 personnes civiles et militaires rentr&#232;rent en France par le d&#233;partement des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales, et pr&#232;s de 4 000 en Ari&#232;ge. Pour n'&#233;voquer que les lieux les plus fr&#233;quent&#233;s, 100 000 r&#233;fugi&#233;s afflu&#232;rent &#224; Prats-de-Mollo, 40 000 &#224; Bourg-Madame et 30 000 &#224; Saint-Laurent-de-Cerdans. D'autres, dont quelques membres illustres des instances r&#233;publicaines, avaient pour des raisons de discr&#233;tion et de s&#233;curit&#233;, choisirent d'emprunter les sentiers
accident&#233;s reliant La Bajol &#224; Las Illas. Plus ardus mais moins expos&#233;s, ces chemins de contrebandiers permirent finalement &#224; plus de 5 000 expatri&#233;s de gagner le territoire fran&#231;ais.
Au cours de la premi&#232;re phase de l'exode, entre le 27 janvier et le 1er f&#233;vrier, quelque 114 000 personnes essentiellement des civils, pass&#232;rent la fronti&#232;re. Les ports du Languedoc-Roussillon et les principaux a&#233;rodromes du Sud-Ouest re&#231;urent &#233;galement homme et mat&#233;riel. Le 29 janvier, la flotte gouvernementale se r&#233;fugia &#224; Rosas afin de gagner rapidement les eaux
fran&#231;aises en cas de besoin. Nonobstant la d&#233;cision du gouvernement, visant &#224; refouler les hommes valides (du 1er au 5 f&#233;vrier), l'exode se poursuivit &#224; un rythme plus soutenu, jusqu'au 14. Durant les journ&#233;es du 5 et du 6 f&#233;vrier, les derniers r&#233;sidus de l'arm&#233;e r&#233;publicaine en fuite (environ 140 000 hommes10) arriv&#232;rent &#224; leur tour par le col du Perthus amenant avec
eux tous les biens qu'ils avaient pu sauver 11. Entre le 8 et le 11, pr&#232;s de 2000 miliciens d&#233;barqu&#232;rent encore en Ari&#232;ge avec femmes et enfants12. Les nationalistes ayant atteint la fronti&#232;re andorrane, les r&#233;fugi&#233;s n'eurent d'autre solution que de se replier vers ce d&#233;partement en empruntant, malgr&#233; les risques, les seules issues possibles : le col de Bonet
(2 585 m) et la vall&#233;e de Vicdessos ; le port de Coulac (2546 m) et la vall&#233;e d'Ustou ; le col d'Envalira (2 400 m) ; le port de L'Hospitalet (1 436 m)13. Au final, on &#233;value &#224; pr&#232;s de 250 000 le nombre de r&#233;fugi&#233;s arriv&#233;s durant cette deuxi&#232;me phase. Faire face &#224; la &#171; Retirada &#187;
En d&#233;pit de l'optimisme affich&#233; par Raoul Didkowski (pr&#233;fet des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales) lors sa conf&#233;rence de presse du 23 janvier, les mesures prises en mati&#232;re d'accueil par les municipalit&#233;s pr&#233;sentes sur le passage des r&#233;fugi&#233;s se montr&#232;rent vite inadapt&#233;es. En fait, rien n'avait &#233;t&#233; pr&#233;vu. Au milieu de ce d&#233;sordre g&#233;n&#233;ralis&#233;, seule l'intervention des forces de l'ordre permit &#224; de nombreux &#233;diles d'&#233;viter un v&#233;ritable fiasco. Contrairement au d&#233;partement de l'Ari&#232;ge qui &#233;tait parvenu tant bien que mal &#224; g&#233;rer seul la situation, les Pyr&#233;n&#233;es-Orientales avaient aussit&#244;t choisi d'employer les grands moyens. C'est l'arme au poing et l'artillerie en position, que les diff&#233;rents corps d'arm&#233;e d&#233;ploy&#233;s sur place en soutien de la gendarmerie et des douaniers re&#231;urent les r&#233;fugi&#233;s. Depuis le 27 janvier, un dispositif militaire sp&#233;cial nomm&#233; &#171; dispositif n&#176; 1 &#187; avait &#233;t&#233; mis en place dans le d&#233;partement afin de contr&#244;ler et de canaliser au mieux les populations qui arrivaient du col du Perthus. S'appuyant
sur l'ossature du &#171; Plan de Barrage &#187; &#233;tabli au printemps 1937, pr&#232;s de 50 000 hommes furent d&#233;tach&#233;s &#224; la fronti&#232;re pour surveiller un p&#233;rim&#232;tre allant de Cerb&#232;re &#224; la fronti&#232;re andorrane, jusqu'au cours de la T&#234;t. L'organisation g&#233;n&#233;rale de ce red&#233;ploiement strat&#233;gique fut confi&#233;e au g&#233;n&#233;ral Fagalde commandant de la 16&#232;me r&#233;gion militaire bas&#233;e &#224; Montpellier. Toutes les
troupes d&#233;sign&#233;es pour participer &#224; ce plan de protection (Gendarmerie d&#233;partementale, GRM, ainsi que de nombreux r&#233;giments hexagonaux et d'Afrique du nord) furent plac&#233;es sous les ordres du colonel Gauthier, commandant la 12&#176; L&#233;gion de GRM. Ce dernier disposait comme
adjoint du Chef d'escadron Baggio, commandant la compagnie de gendarmerie d&#233;partementale des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales. Afin d'&#234;tre en mesure de r&#233;pondre &#224; toute r&#233;quisition pr&#233;fectorale en mati&#232;re de maintien de l'ordre, un PC gendarmerie fut mis sur pied &#224; Perpignan. Il &#233;tait cens&#233; cordonner ses activit&#233;s avec celui de la D&#233;fense a&#233;rienne des
Pyr&#233;n&#233;es (DAP) cr&#233;&#233; dans le d&#233;partement &#224; la fin de l'ann&#233;e 193814. Les commandements subordonn&#233;s &#233;taient assur&#233;s par les cadres de la GRM, sous les ordres desquels &#233;taient plac&#233;s les corps de la troupe.
Pour faire face aux infiltrations, la protection s'organisa en profondeur &#224; l'aide de trois barri&#232;res successives : un barrage fronti&#232;re profond divis&#233; en quatre sous secteurs (celui de Bourg-Madame aux ordres du commandant Zwilling, celui de Prats-de-Mollo aux ordres du commandant Courtois, celui du Perthus aux ordres du commandant Falieu, et celui de Cerb&#232;re aux ordres du commandant Terneau), un barrage m&#233;dian positionn&#233; entre Arles sur Tech et le cours du Tech, aux ordres du commandant de GRM Ramel, et une &#171; zone de ratissage &#187; sur la rocade Elne/l'Ille sur la T&#234;t, plac&#233;e sous les ordres du lieutenant-colonel Pr&#233;vost, commandant le 20e R&#233;giment de Dragons de Limoges. Enfin, dans la r&#233;gion de Perpignan &#233;taient stationn&#233;es des r&#233;serves mobiles plac&#233;es sous les ordres du colonel Alexandre, commandant le 24&#176; R&#233;giment de Tirailleurs S&#233;n&#233;galais. &#192; ces troupes s'ajoutaient soixante
gendarmes et trois pelotons de GRM sp&#233;cialement affect&#233;s &#224; la garde de la ville15. Comme le mentionna le quotidien Le Temps, du 13 f&#233;vrier, la population pouvait &#234;tre rassur&#233;e, avec pr&#232;s de 1500 soldats mass&#233;s sur la fronti&#232;re, les r&#233;fugi&#233;s &#233;taient bien gard&#233;s. Les troupes de chaque secteur avaient ordre de barrer au besoin par le feu, les voies d'acc&#232;s et
leurs abords. Personne ne devait s'approcher &#224; moins de 200 m&#232;tres des zones de surveillance. Dans un premier temps, de vastes aires de rassemblement furent constitu&#233;es dans les prairies r&#233;quisitionn&#233;es &#224; proximit&#233; de Perpignan. Depuis la fronti&#232;re, le long des vall&#233;es de la Tet
d&#233;bouchant sur Perpignan et celle du Tech aboutissant &#224; la M&#233;diterran&#233;e entre Saint-Cyprien et Argel&#232;s, elles s'&#233;grenaient autour de Prats-de-Mollo, d'Arles-sur-Tech ou d'Am&#233;lie-les-Bains, de la Tour de Carol, d'Osseja ou de la citadelle Mont-Louis16. Le but &#224; atteindre, &#233;tait d'emp&#234;cher les r&#233;fugi&#233;s espagnols, quelle que soit leur qualit&#233;, de p&#233;n&#233;trer sur le territoire
fran&#231;ais sans avoir &#233;t&#233; d&#233;sarm&#233;s et avoir subi un interrogatoire d'identit&#233;. En effet, m&#234;me si le terme convivial d'&#171; accueil &#187; fut souvent utilis&#233; dans les textes officiels, les &#171; h&#233;berg&#233;s &#187; ne furent en aucun cas appr&#233;hend&#233;s comme des r&#233;fugi&#233;s politiques comme se fut le cas pour les Russes ou les Arm&#233;niens dans les ann&#233;es vingt. Ils tomb&#232;rent sous le coup du d&#233;cret-loi du 12 novembre 1938 pr&#233;voyant l'incarc&#233;ration des &#233;trangers qui, en raison de leurs ant&#233;c&#233;dents judiciaires ou de leur activit&#233; dangereuse pour la s&#233;curit&#233; nationale, ne pouvaient sans p&#233;ril pour l'ordre public jouir de cette libert&#233; que conf&#232;re l'assignation &#224; r&#233;sidence17. Rapidement, deux types de camps provisoires furent donc &#233;tablis pour exercer cette surveillance rapproch&#233;e : des &#171; camps de contr&#244;le &#187; ou de &#171; triage &#187;, comme &#224; la Tour de Carol (secteur de Bourg-Madame), au Boulou (secteur du Perthus), ou &#224; Port-Vendres (secteur de Cerb&#232;re), et des &#171; camps de concentration &#187;, rebaptis&#233;s bient&#244;t &#171; camps d'internement &#187;. Tous d&#233;pendaient sur le plan administratif du minist&#232;re de la Guerre. Localement, les pr&#233;fets
d&#233;partementaux &#233;taient charg&#233;s de leur entretien et de leur ravitaillement.
D&#232;s le 30 janvier, des dizaines de milliers d'Espagnols furent regroup&#233;s &#224; la h&#226;te sur les plages du Roussillon. Seuls les malades gravement atteints et les bless&#233;s purent esp&#233;rer trouver un toit, les autres furent contraints d'am&#233;nager un abri de fortune, en creusant le sol ou en confectionnant des clayonnages de joncs qu'ils recouvrirent de couvertures et de v&#234;tements18. L'acc&#232;s aux camps fut strictement interdit. Il leur fallu donc supporter
l'inconfort, le manque d'eau, l'absence de v&#234;tements, le manque de nourriture et de m&#233;dicaments de premi&#232;re urgence19. En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, d&#233;fense absolue &#233;tait faite aux intern&#233;s d'en sortir, sauf pour les corv&#233;es qui &#233;taient effectu&#233;es sous haute surveillance. Assez vite, compte tenu des conditions climatiques, les zones de rassemblement du Haut-Vallespir et
de la Cerdagne furent abandonn&#233;es20. Suivant les chiffres relev&#233;s par le chef d'escadron Baggio21, au 4 mars 1939 (date de la fermeture officielle de la fronti&#232;re franco-espagnole par les autorit&#233;s fran&#231;aises), ils &#233;taient encore pr&#232;s de 50 000 &#224; s'entasser sur la plage d'Argel&#232;s-sur-Mer, 17 000 sur celle du Barcar&#232;s et plus de 75 000 sur celle de Saint-Cyprien. D'abord simples villages de toile, les camps d'Argel&#232;s et de Saint-Cyprien furent rapidement
am&#233;nag&#233;s en dur.
Comme l'ont rappel&#233; Genevi&#232;ve Dreyfus-Armand et &#201;mile T&#233;mine dans leur travaux consacr&#233;s aux camps sur la plage, les r&#233;fugi&#233;s espagnols reproch&#232;rent souvent &#224; la France de n'avoir pas utilis&#233;, comme le proposait la gauche, les infrastructures militaires &#8211; tels les camps de Valdonne, de Caylus, du Larzac ou de la Courtine &#8211; pour recevoir les premiers arrivants, en attendant d'am&#233;nager les lieux d'accueil : &#171; Certains parlent m&#234;me du cynisme du gouvernement fran&#231;ais pour justifier
l'injustifiable, et rappellent les locaux r&#233;quisitionn&#233;s, quelques mois plus tard, h&#244;tels, thermes, salles de spectacles, maisons inhabit&#233;es, pour loger des millions de r&#233;fugi&#233;s (notamment les r&#233;fugi&#233;s belges), au moment de l'offensive allemande de 1940 : on fit l'impossible pour les accueillir de mani&#232;re d&#233;cente et l'on y arriva22&#8230;Sans doute, en 1939, les municipalit&#233;s firentelles aussi de r&#233;els efforts pour h&#233;berger femmes, enfants et personnes &#226;g&#233;es. Pour les hommes, il en a &#233;t&#233; tout autrement 23 &#187;.
Pour r&#233;pondre &#224; ces critiques, il semble clairement &#233;tabli aujourd'hui que dans un premier temps les autorit&#233;s fran&#231;aises &#8211; privil&#233;giant la solution du rapatriement &#8211; ne jug&#232;rent pas n&#233;cessaire de porter leur effort sur la dimension &#171; qualitative &#187; de l'accueil et de l'internement des r&#233;fugi&#233;s aussi bien civils que militaires. Pourtant, d&#232;s les premiers jours de f&#233;vrier 1939, des voix telle celle du colonel Morel cherch&#232;rent &#224; appeler l'attention de Daladier sur l'incoh&#233;rence strat&#233;gique de ce type de d&#233;cision : &#171; Dans l'&#233;tat actuel de la situation internationale et de la situation d&#233;mographique nationale, quelques milliers de &#171; tirailleurs ib&#233;riques &#187; m&#233;ritent qu'on ne les m&#233;prise pas. Ces tirailleurs ne sont &#224; aucun degr&#233; marxistes ; le fussent-ils, je me demande pourquoi, on n'utiliserait pas des marxistes comme on utilise des musulmans. Par ce que la classe dirigeante fran&#231;aise a un sens de la solidarit&#233; sociale plus fort que celui de la solidarit&#233; religieuse ? Devant l'int&#233;r&#234;t national, rien n'a le droit de compter : je supplie que l'on consid&#232;re qu'en f&#233;vrier 1939, nous ne pouvons faire fi d'un Corps d'Arm&#233;e 24 &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais rien n'y fit. Comme en t&#233;moigne le rapport du g&#233;n&#233;ral Besson (commandant de la r&#233;gion militaire de Montpellier) charg&#233; par Gamelin d'&#233;tablir une synth&#232;se sur l'utilisation des r&#233;fugi&#233;s espagnols, ces propositions rest&#232;rent lettre morte : &#171; Je me borne &#224; signaler que la garde des miliciens en dehors des camps immobilisera des effectifs consid&#233;rables de GRM et que les sacrifices consentis pour l'installation des travailleurs seront hors de proportion avec leur rendement. Le retour de la plus grande partie des miliciens dans leurs pays d'origine est la seule solution qui puisse &#234;tre raisonnablement envisag&#233;e 25 &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour les autorit&#233;s tant civiles que militaires l'heure &#233;tait clairement &#224; la m&#233;fiance g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Compte tenu du peu d'encadrement disponible, leur pr&#233;sence n'&#233;tait pas jug&#233;e n&#233;cessaire sinon pour de vagues travaux de terrassement. Outre le motif s&#233;curitaire, il s'agissait avant tout sur un plan purement mercantile, de limiter le poids des contraintes qui pesait sur les collectivit&#233;s territoriales et d'&#233;viter que le probl&#232;me ne se p&#233;rennise afin de
lib&#233;rer les effectifs mobilis&#233;s &#224; la d&#233;fense des Pyr&#233;n&#233;es. De fait, &#224; l'origine, ces camps organis&#233;s dans la pr&#233;cipitation ne devaient avoir qu'une dur&#233;e provisoire26. Pourtant, en d&#233;pit des esp&#233;rances initiales, des cantonnements durent rapidement &#234;tre cr&#233;&#233;s en dehors m&#234;me du d&#233;partement afin de d&#233;senclaver la fronti&#232;re. Cette t&#226;che fut confi&#233;e au g&#233;n&#233;ral M&#233;nard
(commandant de la r&#233;gion militaire de Toulouse) au d&#233;but du printemps 1939. Investi du titre de &#171; Commandant militaire de la main d'oeuvre &#233;trang&#232;re &#187;, il constitua un r&#233;seau de six camps sp&#233;cialis&#233;s : Bram (Aude) devait accueillir les vieillards, Agde (H&#233;rault) et Rivesaltes (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales) les Catalans, Septfonds (Tarn-et-Garonne) et le Vernet (Ari&#232;ge) les ouvriers sp&#233;cialis&#233;s &#171; &#224; reclasser dans l'&#233;conomie fran&#231;aise &#187;, Gurs (Basses-Pyr&#233;n&#233;es) les aviateurs Basques de la flotte a&#233;rienne r&#233;publicaine. Chacun de ces camps &#233;tait cens&#233; pouvoir h&#233;berger 15 &#224; 18 000 personnes, soulageant ainsi les camps du Roussillon o&#249; les conditions d'hygi&#232;ne commen&#231;aient &#224; inqui&#233;ter les autorit&#233;s27. Ainsi, tr&#232;s rapidement, les soldats et miliciens intern&#233;s commenc&#232;rent &#224; &#234;tre utilis&#233;s &#224; certains travaux int&#233;ressant la D&#233;fense nationale. Des compagnies de travailleurs espagnols compos&#233;es de volontaires furent ainsi constitu&#233;es dans les r&#233;gions du Midi dans des villes comme Saint-Cyprien, Argel&#232;s-sur-Mer, Rivesaltes, Foix, Toulouse, ou encore Saint-Gaudens et Gurs, pour &#234;tre affect&#233;es &#224; des
travaux d'am&#233;nagement des camps ou d'organisation d&#233;fensive du front.
Parall&#232;lement &#224; ces dispositions d'urgences, en raison de l'aggravation de la situation (le nombre de r&#233;fugi&#233;s d&#233;passait les pr&#233;visions les plus pessimistes), depuis le 3 f&#233;vrier des mesures compl&#233;mentaires avaient &#233;t&#233; transmises aux troupes charg&#233;es de la s&#233;curit&#233; &#171; afin d'accorder au mieux l'aide que l'autorit&#233; militaire pouvait apporter en mati&#232;re de recueil (d&#233;sarmement des bandes arm&#233;es identification sommaire), de soutien sanitaire (vaccination, &#233;pouillage, d&#233;pistage des malades), d'h&#233;bergement (mise en chantier des logements provisoires) et d'hospitalisation des intransportables &#187;28. Elles faisaient suite au red&#233;coupage administratif des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales achev&#233; le 6 f&#233;vrier. Lorsqu'on sait le chaos sanitaire et
humain qui r&#233;gnait dans le d&#233;partement et l'&#226;pret&#233; des conditions d'accueil, le ton employ&#233; pour d&#233;crire le nouvel modus operandi laisse pantois.
Selon les notes personnelles du g&#233;n&#233;ral Fagalde, les plus grandes pr&#233;cautions devaient &#234;tre prises et chaque d&#233;tail avait son importance. Il en allait de la cr&#233;dibilit&#233; de tous. La phase dite de recueil consistait &#224; prendre livraison des r&#233;fugi&#233;s &#224; la fronti&#232;re (des postes avanc&#233;s de GRM avaient &#233;t&#233; install&#233;s &#224; cet effet &#224; Ville d'Amont, &#224; Saint-Genis, &#224; Saint-Martin, Maureillas et Saint-Laurent de Cerdans) ou &#224; l'int&#233;rieur du d&#233;partement, et &#224; les convoyer
apr&#232;s les avoir r&#233;parti en trois cat&#233;gories, &#171; hommes valides de dix huit ans et plus &#187;, &#171; femmes et enfants &#187;, et &#171; bless&#233;s ou malades &#187;, jusqu'aux centres de recueil en &#233;tat de fonctionnement. Ceux qui avaient choisi d'&#234;tre rapatri&#233;s, devaient &#233;taient retir&#233;s du groupe en attendant d'&#234;tre ramen&#233;s sur Hendaye (Basses-Pyr&#233;n&#233;es). Pour les autres, une seule direction : les camps de concentration surveill&#233;s par des pelotons de gardes mobiles et des soldats de la troupe (spahis, tirailleurs s&#233;n&#233;galais). La discipline se voulait elle exemplaire et concernait aussi bien les r&#233;fugi&#233;s que les troupes de surveillance. Les r&#232;gles militaires fran&#231;aises devaient &#234;tre appliqu&#233;es avec s&#233;v&#233;rit&#233;, quelles que fussent les circonstances et les acteurs
impliqu&#233;s. Selon de nombreux t&#233;moignages il semble que certains gardiens aient largement outrepass&#233; ces consignes : confiscation abusive d'objets personnels, privations, coups de crosses&#8230;Accus&#233;s de faire preuve d' &#171; esprit de r&#233;bellion &#187;, les &#171; &#233;l&#233;ments indisciplin&#233;s &#187;, les &#171; fortes t&#234;tes &#187;, furent transf&#233;r&#233;s dans la forteresse de Collioure o&#249; ils subirent une dure r&#233;pression29. Les troupes fran&#231;aises employ&#233;es &#224; la protection de la fronti&#232;re devaient &#234;tre impressionnantes de tenue et d'attitude30.
En r&#233;sum&#233;, en seulement quelques jours, l'&#201;tat via son personnel du maintien de l'ordre, ses pr&#233;fectures et ses r&#233;gions militaires, s'&#233;tait substitu&#233; &#224; la d&#233;faillance des municipalit&#233;s. La prise en compte de cette r&#233;silience martiale est fondamentale dans la compr&#233;hension des agissements gendarmiques post&#233;rieurs. Lors de ces journ&#233;es de f&#233;vrier, pour la majorit&#233; des Pyr&#233;n&#233;ens, la force et la coercition furent les seules solutions efficaces face au probl&#232;me espagnol. De fait, nos militaires et nos gendarmes ressortirent globalement
grandis de cette exp&#233;rience douloureuse. F&#233;licitations et m&#233;dailles furent distribu&#233;es en nombres d'un bout &#224; l'autre de la fronti&#232;re. Si l'on en croit les rapports officiels, les forces de maintien de l'ordre et plus particuli&#232;rement celles de la gendarmerie, furent exemplaires durant cette phase de crise. Pr&#233;fets, militaires, personnels municipaux, techniciens, tous furent unanimes &#224; ce sujet. Malgr&#233; la difficult&#233; des missions qui leur furent imparties, non seulement aucun incident majeur ne fut signal&#233; a posteriori, mais qui plus est, leur sang froid et leur savoir faire permirent une intendance efficace des arrivants espagnols. Pourtant &#224; y regarder de plus pr&#232;s, tout ne fut pas aussi idyllique que certains aient bien voulu le dire. Il semble que cette efficacit&#233; militaire tant recherch&#233;e fut obtenue au prix de d&#233;rives et d'exc&#232;s savamment &#233;touff&#233;s par la hi&#233;rarchie.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Des comportements et des hommes&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En plus de la &#171; n&#233;gligence volontaire &#187; de l'Administration, &#233;crit Marie-Claude
Rafaneau, la propagande x&#233;nophobe et les incitations au retour couvertes par les autorit&#233;s fran&#231;aises, auraient &#233;t&#233; exerc&#233;es d&#232;s la fin janvier &#224; tous les postes fronti&#232;res31. M&#234;me si l'ampleur du ph&#233;nom&#232;ne reste difficilement perceptible a posteriori, le croisement des signaux faibles retrouv&#233;s dans les rapports de situation des compagnies et des multiples t&#233;moignages d'anciens exil&#233;s espagnols, tend &#224; confirmer cet &#233;tat de fait. Nous n'insisterons gu&#232;re sur les proc&#233;d&#233;s (humiliations verbales, mesures vexatoires, insultes, brimades physiques, etc.) bien connus des historiens de la guerre d'Espagne. Les r&#233;cits des longues marches macabres ponctu&#233;es par les &#171; Allez ! Allez &#187; condescendants des gendarmes, ne sont que trop tristement c&#233;l&#232;bres. Il convient toutefois de le rappeler ne serait-ce que pour nuancer les propos des autorit&#233;s publiques et souligner la diversit&#233; des m&#233;moires qui subsiste sur le sujet. Mais il y a plus g&#234;nant encore. D'apr&#232;s une enqu&#234;te de service men&#233;e par le commandant de la 16e l&#233;gion de gendarmerie d&#233;partementale durant l'&#233;t&#233; 1940, certains militaires de la compagnie d&#233;partementale des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales auraient m&#234;me profit&#233; de la crise environnante pour se laisser aller en toute connaissance de cause de leurs sup&#233;rieurs, &#224; des agissements graves et d&#233;lictueux. Selon le rapporteur, ce ne sont pas moins de douze gendarmes des brigades de Banyuls-sur-Mer, de Perpignan et de C&#233;ret qui furent convaincus de d&#233;tournement de mat&#233;riels espagnols provenant de l'exode (machines &#224; &#233;crire, armes, jumelles &#224; prisme, tableaux d'art, etc.), pour une somme totale de plus de 45 000 francs32. Plus que la nature des d&#233;lits, c'est encore la d&#233;position du chef d'escadron Baggio, lui m&#234;me incrimin&#233; dans cette affaire, qui laisse le plus perplexe :
&#171; Ayant &#233;t&#233; mis en cause (&#8230;) au sujet de diverses op&#233;rations de l'exode espagnols, j'ai l'honneur de d&#233;clarer : il est exact que j'ai autoris&#233; la brigade de gendarmerie de Banyuls-sur-Mer &#224; prendre une machine espagnole au moment de l'exode. Ayant un travail surhumain &#224; accomplir, la brigade avait absolument besoin d'une machine. Toutes les organisations civiles et militaires mises sur pied au moment de l'exode ont op&#233;r&#233; de la sorte. &#201;levant le d&#233;bat, j'ajoute que l'exode espagnol a fait d&#233;filer sous les yeux des gendarmes des tr&#233;sors inestimables. Beaucoup de ces objets &#233;taient le r&#233;sultat de vols. Par contre de nombreux r&#233;fugi&#233;s ont proc&#233;d&#233; &#224; des ventes rapides des objets qui les encombraient. Il est possible que plusieurs gendarmes aient acquis de cette fa&#231;on des objets divers. Aucun cependant n'a rien fait d'exag&#233;r&#233; en ce sens.33 &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Non content d'assumer les faits, il tendit de plus &#224; justifier son comportement et celui de ses hommes en sacrifiant la loi au profit de la n&#233;cessit&#233;. Certes les t&#226;ches &#224; accomplir semblaient bien longues et difficiles au regard des effectifs employ&#233;s et des nombreux motifs de tentation. Mais ceci n'explique pas tout. Ces mots faisant la part belle au l&#233;gitime au d&#233;triment du l&#233;gal, sont avant tout la confirmation du basculement psychologique et comportemental des gendarmes li&#233; &#224; l'urgence de la situation. Comme nous l'avons &#233;crit ailleurs, &#171; le d&#233;sarmement des r&#233;fugi&#233;s avait marqu&#233; une &#233;tape d&#233;cisive dans la mutation gendarmique : en l'espace de quelques semaines, ils &#233;taient pass&#233;s de la simple vigilance renforc&#233;e &#224; une configuration de guerre34 &#187;. En effet, la soudainet&#233; et l'amplitude des &#233;v&#233;nements espagnols avaient donn&#233; lieu dans les d&#233;partements pyr&#233;n&#233;ens, &#224; tout un panel de d&#233;cisions exceptionnelles pour la maintient de l'ordre public. Cette politique aux forts accents protectionnistes (h&#233;ritage direct de l'esprit des d&#233;crets-lois de mai-novembre 1938 relatifs aux &#233;trangers) avait, comme l'a soulign&#233; Emmanuelle Salgas, confort&#233; au sein de la population les r&#233;flexes locaux d'auto protection et de repliement sur soi35 et contribu&#233; pour une partie de l'opinion (et les gendarmes ne d&#233;rogeaient pas &#224; la r&#232;gle), &#224; l'apparition d'une forme de nationalisme exacerb&#233;. En plus du p&#233;ril sanitaire, avec la victoire de Franco et la pr&#233;sence des forces de l'Axe en Espagne, la menace fasciste &#233;tait dor&#233;navant aux portes des Pyr&#233;n&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis peu, l'hypoth&#232;se d'une invasion du territoire par la p&#233;ninsule ib&#233;rique &#233;tait devenue plausible aux yeux des Fran&#231;ais. En d&#233;cembre 1938, &#224; la question &#171; Pensez-vous que si le g&#233;n&#233;ral Franco est vainqueur en Espagne, la France aura un ennemi de plus &#224; ses fronti&#232;res ? &#187;, 74% des Fran&#231;ais
interrog&#233;s lors d'un des premiers sondages d'opinion, r&#233;pondirent oui et seulement 21% non36. Bref, dans ce contexte de crispation internationale de plus en plus pr&#233;gnant, l'&#233;tranger n'&#233;tait plus le bienvenu. Que dire alors de l' &#171; Espagnol &#187; d'extr&#234;me gauche, accus&#233; de tous les maux par une partie de la population fran&#231;aise ? Il &#233;tait un suspect tout d&#233;sign&#233;. Celui par qui arrivaient le danger et le bruit des bottes37. En tant que premiers d&#233;fenseurs d'un pays h&#244;te d&#233;sormais assi&#233;g&#233;, il n'en fallait pas plus &#224; nos soldats de l'ordre pour s'autoriser avec l'assentiment de la hi&#233;rarchie quelques entorses au r&#232;glement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#201;SUM&#201;&lt;/strong&gt;
&#192; supposer que la guerre d'Espagne ait bien &#233;t&#233; un drame espagnol, elle fut aussi, nous dit Pierre Laborie, une guerre civile europ&#233;enne, un th&#233;&#226;tre de sang o&#249; le vieux continent divis&#233; pouvait r&#233;gler ses comptes par procuration. En &#233;vitant l'implication directe et les prises de position &#224; l'&#233;gard de l'intervention de l'Allemagne nazie et de l'Italie fasciste, la France avait retard&#233; jusqu'au dernier moment la contagion continentale. Toutefois, elle n'avait pas fait l'&#233;conomie d'une fracture politique et sociale interne. La gestion antith&#233;tique par les gouvernements fran&#231;ais de l'immigration et de son volet espagnol entre 1936 et 1939, avait confirm&#233; cette fragilit&#233;. Elle avait r&#233;v&#233;l&#233; le double visage d'une nation en crise et sa repr&#233;sentation antagoniste de l'acc&#233;l&#233;ration &#233;v&#233;nementielle de la fin des ann&#233;es 1930. La bipolarisation croissante de l'opinion fran&#231;aise li&#233;e &#224; la guerre d'Espagne et &#224; l'exode, avait fait office de miroir conjoncturel38 pr&#233;monitoire des menaces hexagonales. Ainsi, le balcon pyr&#233;n&#233;en de Jean Vilar &#233;tait devenu une zone n&#233;vralgique anticip&#233;e de la s&#233;curit&#233; nationale. Si les legs en tout genre et les h&#233;ritages venus d'outre-mont avaient une nouvelle fois servis de passerelle entre la g&#233;ographie des lieux et son histoire, les changements strat&#233;giques et le spectre de la guerre, avaient aussi remis en lumi&#232;re des hommes que la pacification r&#233;cente de l'espace avait presque fait oublier : les agents du maintien de l'ordre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 1. David WINGEATE PIKE, Les Fran&#231;ais et la Guerre d'Espagne, Paris, PUF, 1975, p. 380.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 2. Denis PESCHANSKI, La France des camps, La France des camps. L'internement 1938-1946, Paris, Gallimard, 2002, p. 35.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 3. Ibid., p. 37.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 4 SHDDAT, 7N 3873, Note du g&#233;n&#233;ral Fagalde commandant la 16 r&#233;gion militaire,, du 12 novembre 1938.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 5. &#192; compter du 27 novembre 1938, les effectifs de GRM d&#233;di&#233;s &#224; la surveillance de la fronti&#232;re &#233;taient pass&#233;s de sept &#224; trois unit&#233;s. Les pelotons mobiles (PM) n&#176; 490, 500, 501 et 502 furent dirig&#233;s sur Paris dans le but
d'accomplir prochainement des missions de surveillance de la fronti&#232;re franco-allemande, jug&#233;es beaucoup plus urgente. Cf. SHDDGN, 66E 74, R/2 du 28 novembre 1938.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 6. Michel CATALA, Les relations franco-espagnoles pendant la Deuxi&#232;me Guerre mondiale : rapprochement
n&#233;cessaire, r&#233;conciliation impossible, janvier 1939-ao&#251;t 1944, Paris, 1997, L'Harmattan, pp. 20-21.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 7. AD Pyr&#233;n&#233;es-Atlantiques, 4M 167, Lettre du ministre de l'Int&#233;rieur aux pr&#233;fets du sud de la France, 27 janvier
1939, Instruction g&#233;n&#233;rale, cabinet du pr&#233;fet des Basses-Pyr&#233;n&#233;es.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 8. D&#233;claration du ministre de l'Int&#233;rieur, Albert Sarraut, L'Ind&#233;pendant du 1er f&#233;vrier 1939.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 9. Marie-Claude RAFANEAU-BOJ, Odyss&#233;e pour la libert&#233;. Les camps de prisonniers espagnols 1939-1945, Paris,
&#201;ditions Deno&#235;l, 1993, p. 39-40.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 10. SHDDAT, 7N 2757, Notes sur la &#171; situation en Espagne au 6 f&#233;vrier 1939 &#187;. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 11. En l'espace de quelques jours, selon Jes&#250;s Hernandez, ministre du gouvernement Negr&#237;n, 1 480 000 000 francs-or, de la Banque d'Espagne (sans compter les marchandises, produits manufactur&#233;s, etc.) furent d&#233;pos&#233;s &#224; la Banque de France &#224; Mont de Marsan (Landes). Cf. Marie-Claude RAFANEAU-BOJ, op. cit., pp. 44-45.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 12. Selon le rapport du pr&#233;fet de l'Ari&#232;ge dat&#233; du 13 f&#233;vrier 1939, ce sont 2 323 r&#233;fugi&#233;s dont 1848 miliciens qui entr&#232;rent dans le d&#233;partement entre le 8 et le 12 f&#233;vrier. Cf. AD de l'Ari&#232;ge, 5M 144.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 13. Marie-Claude RAFANEAU-BOJ, op. cit., p. 49.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 14 Le 20 d&#233;cembre 1938 fut cr&#233;&#233; &#224; Perpignan, le commandement de la D&#233;fense a&#233;rienne des Pyr&#233;n&#233;es. C'est le capitaine de fr&#233;gate commandant le front de mer du secteur oriental qui en assumait la responsabilit&#233; par d&#233;l&#233;gation du g&#233;n&#233;ral commandant la 16e r&#233;gion. Cf. SHDDGN 66E 74, R/2 du 10 janvier 1939.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 15 SHDDAT, 7N 3873, Note du g&#233;n&#233;ral Fagalde commandant la 16 R&#233;gion Militaire, n&#176; 176 S/2 objet
&#171; protection de la fronti&#232;re des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales &#187;, en date du 3 f&#233;vrier 1939.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 16. Denis PESCHANSKI, La France des camps&#8230;, op. cit., p. 42.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 17. JO, 13 novembre 1938.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 18. Anne GRYNBERG, &#171; Les Camps d'internement &#187;, Les camps du sud de la France : de l'internement &#224; la d&#233;portation, Annales, &#201;conomies, Soci&#233;t&#233;s, Civilisations, vol. 48, 1993, pp. 140-141.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 19. Ibidem.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 20. Denis PESCHANSKI, La France des camps&#8230;, op. cit., pp. 42-43.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 21. SHDDGN, 66E 46, R/2 du 9 mars 1939.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 22. Edouardo PONS PRADES, Los que s&#237; hicimos la guerra, Barcelone, Mart&#237;nez Roca, 1973, pp. 54-55.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 23. Genevi&#232;ve DREYFUS-ARMAND, Emile TEMINE, Les Camps sur la plage, un exil espagnol, Paris, Autrement, 1995, p. 70.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 24. Jean-Louis CREMIEUX-BRILLHAC, &#171; L'Engagement militaires des Italiens et des Espagnols dans les arm&#233;es fran&#231;aises de 1939 &#224; 1945 &#187;, dans Pierre MILZA et Denis PESCHANSKI, Exils et migration&#8230;, op. cit., pp. 582-583.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 25. Jean-Louis CREMIEUX-BRILLHAC, op. cit., p. 583.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 26. AD Pyr&#233;n&#233;es-Atlantiques, 1M 168, Dossiers secrets de d&#233;fense nationale, instructions du 12 f&#233;vrier 1939.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 27 Denis PESCHANSKI, La France des camps&#8230;, op. cit., p. 43.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 28 SHDDAT, 7N 3873, Note du g&#233;n&#233;ral Fagalde commandant la 16 R&#233;gion Militaire, n&#176; 176 S/2 objet &#171; protection de la fronti&#232;re des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales, mesures compl&#233;mentaires &#187;, en date du 3 f&#233;vrier 1939.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 29. Anne GRYNBERG, &#171; Les Camps d'internements&#8230; &#187;, op. cit., p. 141.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 31. Marie-Claude RAFANEAU-BOJ, op. cit., p. 55.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 32. SHDDGN, 66E 49, R/2 du 8 ao&#251;t 1940.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 33. Ibidem.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 34. Jean-Fran&#231;ois NATIVITE, &#171; Violences d'&#201;tat et mutations conjoncturelles : l'exemple de la gendarmerie dans les Basses-Pyr&#233;n&#233;es (1938-1944) &#187;, dans Philippe SOULEAU (dir.), Vichy en Aquitaine, Paris, &#201;ditions de l'Atelier, 2011, pp. 253-263.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 35 Emmanuelle SALGAS-CANDORET, &#171; Une population face &#224; l'exil esp.agnol. Le cas des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales (janvier-septembre 1939) &#187;, dans Pierre MILZA et Denis PESCHANSKI (dir.), Exils et migration&#8230;, op. cit., p. 320.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 36. Christel PEYREFITTE, &#171; Les premiers sondages d'opinion &#187;, Edouard Daladier, chef de gouvernement, Paris, 1977, pp. 265-278.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 37. Michel CATALA, op. cit., p. 41.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 38. Pierre LABORIE, &#171; Espagnes imaginaires et d&#233;rives pr&#233;-vichistes de l'opinion fran&#231;aise, 1936-1939 &#187;, op. cit.,
pp. 91-95.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Ils ont su dire NON. Paroles de R&#233;sistants de Pierre Laborie et Fran&#231;ois Icher</title>
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<category domain="http://arkheia-revue.org/-Critiques-de-livres-.html">Critiques de livres</category>

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		<description>Fran&#231;ois Icher et Pierre Laborie, Ils ont su dire NON. Paroles de R&#233;sistants, Paris, &#233;ditions de La Martini&#232;re, 2008, 256 pages. &lt;br /&gt;Pendant longtemps a triomph&#233; une vision politique et militaire de la R&#233;sistance, identifi&#233;e &#224; des chefs et &#224; des h&#233;ros, aux combats des maquisards, aux op&#233;rations a&#233;riennes ou navales, &#224; l'insurrection apr&#232;s le 6 juin 1944, enfin &#224; la &quot;brutalisation&quot; dont ont &#233;t&#233; victimes de tr&#232;s nombreux otages et combattants de l'ombre. &lt;br /&gt;Il ne s'agit pas de minorer l'importance de cette approche, (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_584 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:225px;' &gt;
&lt;img src='http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L225xH225/sans-titre-38181.png' width='225' height='225' alt=&quot;&quot; style='height:225px;width:225px;' class=' format_png' /&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Icher et Pierre Laborie, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ils ont su dire NON. Paroles de R&#233;sistants&lt;/i&gt;, Paris, &#233;ditions de La Martini&#232;re, 2008, 256 pages.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant longtemps a triomph&#233; une vision politique et militaire de la R&#233;sistance, identifi&#233;e &#224; des chefs et &#224; des h&#233;ros, aux combats des maquisards, aux op&#233;rations a&#233;riennes ou navales, &#224; l'insurrection apr&#232;s le 6 juin 1944, enfin &#224; la &quot;brutalisation&quot; dont ont &#233;t&#233; victimes de tr&#232;s nombreux otages et combattants de l'ombre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il ne s'agit pas de minorer l'importance de cette approche, mais au contraire de montrer que celle-ci ne peut rendre compte &#224; elle seule d'une r&#233;alit&#233; &#224; vrai dire composite, encombr&#233;e de poncifs, investie par une m&#233;moire s&#233;lective, port&#233;e &#224; l'instrumentalisation et &#224; la caricature. A c&#244;t&#233; de cet aspect majeur, adoss&#233; &#224; des t&#233;moignages et &#224; des r&#233;cits &#233;difiants, mais insuffisamment conceptualis&#233;s, on doit explorer un autre champ, jusqu'ici largement d&#233;laiss&#233; par une historiographie r&#233;p&#233;titive, nonobstant de nombreux travaux pionniers, dus entre autres et principalement &#224; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Pierre Laborie, Fran&#231;ois Marcot, Laurent Douzou ou Philippe Buton...&lt;/strong&gt;
&quot;L'id&#233;e de mythe colle &#224; la peau de la R&#233;sistance&quot; et depuis 1945 son histoire a fait na&#238;tre des visions contradictoires et sch&#233;matisantes, accroch&#233;es aux &quot;conformismes fluctuants de l'air du temps&quot;. Ainsi, &#224; une l&#233;gende rose d'une France h&#233;ro&#239;que a succ&#233;d&#233; une autre, de couleur noire, celle d'une population basculant dans une sordide collaboration.
Une telle pr&#233;sentation ne peut qu'&#234;tre falsificatrice et mutilante, car histoire et m&#233;moire ne peuvent &#234;tre confondues. Et nul mieux que Pierre Laborie ne l'a rappel&#233;, notamment dans un article paru en 1994 dans la revue Esprit : &quot;Le r&#244;le de l'historien n'est pas seulement de distinguer la m&#233;moire de l'histoire, de s&#233;parer le vrai du faux, mais de faire de cette m&#233;moire un objet d'histoire, de s'interroger sur l'usage &#233;ventuel du faux comme vrai et sur le sens que les acteurs veulent ainsi donner &#224; leur pass&#233;&quot;. Et l'historien se doit aussi, ajoute-il, &quot;de poser &#224; ce pass&#233; toutes les questions du pr&#233;sent&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le livre que nous proposent Pierre Laborie et Fran&#231;ois Icher rec&#232;le bien des m&#233;rites. Au moins trois :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; le premier se trouve dans la Pr&#233;face de Pierre Laborie : br&#232;ve mais dense, elle rappelle certaines donn&#233;es essentielles, qui devraient &#234;tre connues et ressass&#233;es, non seulement par les professeurs d'histoire, mais aussi par ceux qui s'&#233;rigent en &quot;transmetteurs&quot; de m&#233;moire
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; le second r&#233;side dans un choix de citations, courtes le plus souvent, mais toujours disant l'essentiel, et caract&#233;risant &quot;l'&#233;volution, la diversit&#233;, la plasticit&#233; et la complexit&#233; d'une exp&#233;rience singuli&#232;re&quot;, commenc&#233;e avec &quot;l'incroyable d&#233;faite de juin 1940&quot; (Marc Bloch) et se terminant avec le &quot;gai matin de la Lib&#233;ration&quot;, accouchant d'une seconde naissance, qui verrait &quot;le gazon (pousser) sur la s&#233;pulture de l'ignoble pass&#233;&quot; (&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Vladimir Yank&#233;l&#233;vitch&lt;/strong&gt;)
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; le troisi&#232;me m&#233;rite de cet ouvrage, qui curieusement n'a pas eu l'heur de retenir l'attention de la critique, se trouve dans le choix de 118 clich&#233;s, qui montrent divers aspects, soit de la vie quotidienne, soit de l'engagement, &#224; c&#244;t&#233;, en faveur, ou dans la R&#233;sistance. Chaque photographie, situ&#233;e dans le temps et dans l'espace, fran&#231;ais et parfois &#233;tranger 1, illustre une ou deux citations embl&#233;matiques d'un personnage, d'un fait, d'une trag&#233;die ou d'une esp&#233;rance...
En 1974, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Pascal Copeau&lt;/strong&gt;, membre permanent du bureau du CNR, reconnaissait volontiers que la R&#233;sistance n'avait &#233;t&#233; qu' &quot;une faible toile d'araign&#233;e&quot; et que les R&#233;sistants, &quot;P&#233;n&#233;lope infatigable&quot;, ont pass&#233; leur temps &#224; circuler &#224; bicyclette ou &quot;&#224; r&#233;parer cette toile d'araign&#233;e&quot;, &quot;&#224; la rapetasser, &#224; renouer les fils, &#224; remettre des hommes l&#224; o&#249; ils &#233;taient tomb&#233;s&quot;. Justement, &#224; la page 75, on peut lire, sous la plume d'un r&#233;sistant de l'Aude un hymne &#224; la bicyclette : &quot;Pour le ravitaillement de camarades d&#233;tenus &#224; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Saint-Sulpice&lt;/strong&gt;, nous roulions dans le Lauragais &#224; la recherche des denr&#233;es. Porter du linge propre et des nouvelles &#224; nos camarades planqu&#233;s aux quatre coins du d&#233;partement, assurer des liaisons, porter des plis, p&#233;daler sans tr&#234;ve le long des routes sillonn&#233;es par les troupes allemandes et leur Feldgendarmerie, tel fut notre lot obscur et sans gloire&quot;.
&quot; Les camarades qui sont tomb&#233;s &quot;, comme les 18 maquisards de l'Arm&#233;e secr&#232;te qui ont &#233;t&#233; massacr&#233;s le 15 novembre 1943, &#224; La Besse, commune de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sainte-F&#233;r&#233;ole&lt;/strong&gt; (Corr&#232;ze), ont vite &#233;t&#233; remplac&#233;s par d'autres, bien d&#233;cid&#233;s &#224; construire et &#224; solidifier &quot;la cit&#233; clandestine de l'honneur&quot; (Pascal Copeau), et &#224; faire de la R&#233;sistance un fait moral, &quot;une utopie, c'est-&#224;-dire une v&#233;rit&#233; pr&#233;matur&#233;e et une passion&quot; (&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Emmanuel d'Astier de La Vigerie&lt;/strong&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les onze pages consacr&#233;es au sort r&#233;serv&#233; aux Juifs, &#224; travers huit citations, cinq photographies et un tract, retiendront aussi l'attention du lecteur. Devant &quot;les enfants arrach&#233;s &#224; leurs m&#232;res, entass&#233;s dans des wagons &#224; bestiaux&quot;, certains ont aussit&#244;t manifest&#233; leur r&#233;probation. A partir du 29 mai 1942, le port de l'&#233;toile jaune a &#233;t&#233; rendu obligatoire pour les Juifs dans la zone occup&#233;e. D&#233;cision qu'un Parisien, &quot;tr&#232;s digne, tr&#232;s distingu&#233;, avec la L&#233;gion d'honneur&quot;, s'est empress&#233; de stigmatiser : apr&#232;s avoir &#244;t&#233; son chapeau, il a demand&#233; &#224; une victime crois&#233;e dans la rue &quot;pardon pour la France&quot;. Le 23 ao&#251;t suivant, &#224; Toulouse, l'archev&#234;que Jules-G&#233;raud Sali&#232;ge a condamn&#233; les pers&#233;cutions antis&#233;mites et fait rappeler dans toutes les paroisses de son dioc&#232;se que &quot;les juifs sont des hommes, les juives des femmes&quot; et que &quot;tout n'est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces p&#232;res et m&#232;res de famille. Ils font partie du genre humain&quot;.
Dans l'&#233;glise de Montb&#233;liard, l'abb&#233; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Jean Flory&lt;/strong&gt;, au cours d'une messe de minuit de No&#235;l 1942, &#224; laquelle assistaient des Allemands, n'a pas craint de faire amener solennellement dans la cr&#232;che un Enfant J&#233;sus portant l'&#233;toile jaune !
Mais l'&#233;tonnement est au centuple lorsqu'on lit sous la plume de l'&#233;crivain &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Georges Bernanos&lt;/strong&gt; un vibrant plaidoyer en faveur de l'ancien ministre &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Georges Mandel&lt;/strong&gt;. Bien que n'ayant &quot;jamais montr&#233; beaucoup de go&#251;t pour les Juifs&quot;, il consid&#232;re ce dernier &quot;mille fois plus sacr&#233; que les autres&quot;, et r&#233;clame haut et fort sa lib&#233;ration du camp de Buchenwald o&#249; il a &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;. &quot;Si vos ma&#238;tres ne nous rendent pas Mandel vivant, vous aurez &#224; payer ce sang juif d'une mani&#232;re qui &#233;tonnera l'histoire - entendez-vous, chiens que vous &#234;tes - chaque goutte de ce sang vers&#233; en haine de notre ancienne victoire est plus pr&#233;cieuse que la pourpre d'un manteau de cardinal fasciste - est-ce que vous comprenez bien ce que je veux dire, amiraux, mar&#233;chaux, excellences, &#233;minences et r&#233;v&#233;rences ? &quot; (2)
A ces lignes accusatrices et vengeresses, publi&#233;es le 1er juin 1943 dans le journal Lib&#233;ration, on ajoutera du m&#234;me auteur deux autres citations : la premi&#232;re accuse &quot;la pr&#233;tendue R&#233;volution Nationale&quot; d'&#234;tre &quot;la r&#233;volution des rat&#233;s&quot;, qui &quot;s'est si naturellement et si facilement incarn&#233;e dans les vieillards&quot; ; la seconde d&#233;signe &quot;le P&#233;tain de Rethondes&quot; comme &quot;le crachat des morts&quot; ! (3)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La lecture de ce livre ne peut qu'&#234;tre recommand&#233;e : &#233;clair&#233; de photographies et de citations compl&#233;mentaires, il constitue une solide contribution &#224; l'histoire et &#224; la m&#233;moire d'une p&#233;riode cruciale, qui n'arrive toujours pas &#224; passer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;NOTES&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 1 Et m&#234;me corr&#233;zien : &#224; la page 12, le texte de Charles P&#233;guy, distribu&#233; &#224; Brive par Edmond Michelet et des amis sous forme de tracts, &#224; partir du 17 juin 1940 ; &#224; la page 245, on reconna&#238;t Marcel Barbanceys, chef d'un camp de maquisards AS, situ&#233; dans les gorges de la Dordogne, dans &quot;un endroit sauvage et quasiment inaccessible&quot;. La photo a &#233;t&#233; prise depuis la grotte du Chambon, sans doute au d&#233;but des ann&#233;es cinquante. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 2 Georges Mandel a &#233;t&#233; ramen&#233; en France durant l'&#233;t&#233; 1944 et incarc&#233;r&#233; &#224; la maison d'arr&#234;t de la Sant&#233;. Mais le 7 juillet, dix jours apr&#232;s l'assassinat de Philippe Henriot, ministre de la Propagande de P&#233;tain, des miliciens en accord avec les Allemands l'ont abattu dans la for&#234;t de Fontainebleau.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 3 Georges Bernanos, Ecrits de combat, sans date, pages 26 et 61.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Les s&#339;urs Privat, deux Justes &#224; Orthez</title>
		<link>http://arkheia-revue.org/Les-soeurs-Privat-deux-Justes-a.html</link>
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		<dc:date>2012-04-26T14:06:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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<category domain="http://arkheia-revue.org/-Arkheia-25-26-27-.html">Arkheia 25-26-27</category>

		<dc:subject>Article avec contenu en ligne</dc:subject>
		<dc:subject>Enfance bris&#233;e, enfance cach&#233;e</dc:subject>

		<description>Auteur : Virginie Picaut est l'auteur de &#171; Justes, la conscience et le courage &#187; (pr&#233;face de Lucien Lazare), &#233;ditions Ensemble pour la Paix, 2010. &lt;br /&gt;En 1938, Jeanne Privat (1865-1945) rejoint sa s&#339;ur cadette Caroline (1875-1955) &#224; Orthez (1). Elles sont toutes les deux admises &#224; l'Asile protestant, centre d'accueil pour vieillards. Membres d'une association protestante qui travaille &#233;troitement avec une &#339;uvre de secours juive (2), elles prennent en charge le placement de certains enfants juifs dans la (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Auteur :&lt;/strong&gt; Virginie Picaut est l'auteur de &#171; Justes, la conscience et le courage &#187; (pr&#233;face de Lucien Lazare), &#233;ditions Ensemble pour la Paix, 2010.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_583 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:520px;' &gt;
&lt;img src='http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L520xH686/jpg_Jeanne_Privat_1865-1945-d7df8.jpg' width='520' height='686' alt=&quot;&quot; style='height:686px;width:520px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt; En 1938, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Jeanne Privat&lt;/strong&gt; (1865-1945) rejoint sa s&#339;ur cadette &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Caroline&lt;/strong&gt; (1875-1955) &#224; Orthez (1). Elles sont toutes les deux admises &#224; l'Asile protestant, centre d'accueil pour vieillards. Membres d'une association protestante qui travaille &#233;troitement avec une &#339;uvre de secours juive (2), elles prennent en charge le placement de certains enfants juifs dans la r&#233;gion d'Orthez. Elles choisissent des familles d'accueil dans le canton en fonction des contacts dont elles disposent. Caroline part ensuite chercher les enfants &#224; Paris, puis les deux s&#339;urs les conduisent dans les familles choisies. Jeanne et Caroline rendent visite aux enfants r&#233;guli&#232;rement et s'assurent de leurs bonnes conditions de vie. Chaque mois, elles versent &#224; la famille d'accueil une contribution financi&#232;re gr&#226;ce aux fonds recueillis aupr&#232;s de l'Asile protestant et au sein de la communaut&#233; protestante. Caroline mobilise l'&#201;glise &#233;vang&#233;lique libre dont elle fait partie et l'&#201;glise r&#233;form&#233;e qu'elle fr&#233;quente &#224; l'Asile protestant. A Sainte-Suzanne, elles b&#233;n&#233;ficient de l'aide du cur&#233;, l'abb&#233; Laprade et de sa gouvernante, du maire &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Baptiste Forsans&lt;/strong&gt; et de l'instituteur, en sa qualit&#233; de secr&#233;taire de mairie, pour faire les faux papiers, si n&#233;cessaire, et pour l'attribution des cartes d'alimentation. Il se charge &#233;galement de scolariser les enfants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1942, elles prennent en charge &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Roger, Raymonde, Simon et Jacques Livermann&lt;/strong&gt;, &#226;g&#233;s respectivement de huit, six, quatre et deux ans. Leur m&#232;re, cach&#233;e &#224; Paris, d&#233;cide de les placer &#224; la suite des grandes rafles survenues dans la capitale. Roger est plac&#233; dans une famille &#224; Biron. Raymonde, Simon et Jacques sont emmen&#233;s par les s&#339;urs dans une ferme orth&#233;zienne, chez &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Marthe et Prosper Lassoureille&lt;/strong&gt;, la s&#339;ur et le beau-fr&#232;re de Jeanne et Caroline, de confession catholique. Ils ont une fille, Lucie, &#226;g&#233;e de dix-huit ans. Marthe est nourrice. Elle a l'habitude d'accueillir les enfants venus de l'orphelinat d'Orthez. Prosper et Lucie travaillent en ville. Ils vont h&#233;berger, nourrir et prot&#233;ger les enfants jusqu'&#224; la Lib&#233;ration. Les demoiselles Privat viennent r&#233;guli&#232;rement leur rendre visite et r&#233;mun&#232;rent la famille chaque mois afin qu'elle ne manque de rien pour assurer la protection des enfants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A la fin de la guerre, Jeanne et Caroline reviennent chercher les enfants et les conduisent jusqu'&#224; Toulouse dans un centre de regroupement d'enfants juifs en compagnie d'autres enfants juifs cach&#233;s dans la r&#233;gion d'Orthez. Elles les am&#232;nent ensuite jusqu'&#224; Rueil-Malmaison dans une maison de l'&#339;uvre de protection des enfants juifs (OPEJ). Les enfants Livermann quittent l'OPEJ en 1947. Leur p&#232;re avait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; et transf&#233;r&#233; &#224; Drancy en 1941 puis d&#233;port&#233; &#224; Dachau et &#224; Auschwitz. Rescap&#233; des camps mais atteint d'une tuberculose, il mit deux ans &#224; s'en remettre avant de pouvoir r&#233;cup&#233;rer ses enfants. Au vu des informations recueillies, l'hypoth&#232;se d'un r&#233;seau de sauvetage semble se dessiner. Sous couvert de l'Asile protestant o&#249; elles vivent, avec l'aide de la communaut&#233; protestante et du r&#233;seau de contacts dont elles disposent dans la r&#233;gion d'Orthez, les s&#339;urs Privat utilisent la tradition d'accueil des petits Parisiens dans les fermes alentours pour cacher des enfants juifs pendant la guerre. In&#233;vitablement, elles ont des contacts &#224; Paris : &#339;uvres de secours ou organisations humanitaires au courant de la situation de certains enfants. Elles prennent ensuite la responsabilit&#233; de les r&#233;cup&#233;rer et de les amener jusqu'&#224; Orthez. Dans certains cas, elles confient l'acheminement des enfants &#224; quelqu'un de confiance comme ce fut le cas pour les enfants Intrator en 1942. Les petits Parisiens sont ensuite conduits dans des familles d'accueil pr&#233;alablement choisies. Elles veillent &#224; leur bon traitement et indemnisent la famille chaque mois. Certaines familles ignorent le danger r&#233;el que courent ces enfants et lorsqu'elles l'apprennent, elles continuent pourtant &#224; les prot&#233;ger. A la fin de la guerre, les s&#339;urs Privat s'occupent de ramener les enfants dans un centre de placement parisien afin qu'ils puissent retrouver leurs familles ou des proches, survivants des camps.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Raymonde a correspondu avec Caroline jusqu'&#224; sa mort. En 1997, les enfants &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Livermann&lt;/strong&gt; entament les d&#233;marches aupr&#232;s de Yad Vashem pour d&#233;cerner la m&#233;daille de Juste parmi les Nations &#224; la famille Lassoureille. Dans leurs t&#233;moignages, ils demandent &#224; ce que les s&#339;urs Privat soient &#233;galement honor&#233;es &#224; titre posthume. Raymonde &#233;crit au maire d'Orthez en lui expliquant l'hommage qu'elle voudrait rendre aux s&#339;urs Privat et &#224; la famille &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Lassoureille&lt;/strong&gt; ainsi qu'aux habitants d'Orthez, complices de leurs actions et &#224; la ville pour les avoir sauv&#233;s. Ce sera chose faite &#224; Orthez en 1998. N'ayant aucun descendant direct, la m&#233;daille et le dipl&#244;me d'honneur sont conserv&#233;s &#224; la mairie d'Orthez.
Hormis cette hypoth&#232;se de r&#233;seau, Orthez et sa r&#233;gion a l'habitude d'accueillir des petits Parisiens puisqu'il existe une antenne de l'Office de placement de la Seine. Durant cette p&#233;riode, la gare d'Orthez, situ&#233;e en zone occup&#233;e, constitue un point ferroviaire strat&#233;gique entre Pau et Bayonne pour l'occupant. Les contr&#244;les sont constants. Depuis Paris, les enfants arrivent le plus souvent en train malgr&#233; les dangers in&#233;vitables. Puis, ils sont conduits &#224; l'Office de placement. Ensuite, les assistantes sociales les am&#232;nent dans les familles d'accueil ou bien celles-ci viennent les chercher. C'est par le biais de l'Office de placement que les enfants Freiss sont arriv&#233;s jusqu'&#224; Orthez en 1939. Finalement, aucune diff&#233;rence n'a &#233;t&#233; faite lorsqu'il a fallu accueillir des enfants juifs. Ils ont gard&#233; leur statut d'enfant sans que leur religion ne soit mise en avant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;POUR LIRE LA SUITE ABONNEZ-VOUS OU ACHETER CE NUMERO&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nathalie Zajde, Les enfants cach&#233;s en France</title>
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<category domain="http://arkheia-revue.org/-Arkheia-25-26-27-.html">Arkheia 25-26-27</category>

		<dc:subject>Article avec contenu en ligne</dc:subject>
		<dc:subject>Enfance bris&#233;e, enfance cach&#233;e</dc:subject>

		<description>C'&#233;taient des enfants juifs. Pendant la guerre 1, 5 million d'entre eux ont &#233;t&#233; extermin&#233;s par les nazis. D'autres ont &#233;t&#233; cach&#233;s et miraculeusement sauv&#233;s. 20 000 d'entre vivent encore en France aujourd'hui. Nathalie Zajde en a rencontr&#233; plus de 200. Son livre, &#171; Les enfants cach&#233;s en France &#187; est &#224; la fois une analyse et le recueil des t&#233;moignages poignants d'une vingtaine d'entre eux. Il s'appelle Andr&#233; Glucksmann, Serge Klarsfeld, Saul Friedl&#228;nder, Boris Cyrulnik ou d'autres moins connus.

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Auteur :&lt;/strong&gt; Annie-Claude Elka&#239;m, journaliste et animatrice de l'&#233;mission Th&#233;ma d'Arte.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_582 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:520px;' &gt;
&lt;img src='http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L520xH330/jpg_NathalieZajde-bfe64.jpg' width='520' height='330' alt=&quot;&quot; style='height:330px;width:520px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;C'&#233;taient des enfants juifs. Pendant la guerre 1, 5 million d'entre eux ont &#233;t&#233; extermin&#233;s par les nazis. D'autres ont &#233;t&#233; cach&#233;s et miraculeusement sauv&#233;s. 20 000 d'entre vivent encore en France aujourd'hui. Nathalie Zajde en a rencontr&#233; plus de 200. Son livre, &#171; Les enfants cach&#233;s en France &#187; est &#224; la fois une analyse et le recueil des t&#233;moignages poignants d'une vingtaine d'entre eux. Il s'appelle Andr&#233; Glucksmann, Serge Klarsfeld, Saul Friedl&#228;nder, Boris Cyrulnik ou d'autres moins connus. Tous ont d&#233;velopp&#233; une formidable intelligence de la vie.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ma&#238;tre de conf&#233;rences en psychologie, Nathalie Zajde a cr&#233;&#233;, il y a pr&#232;s de vingt ans, les premi&#232;res consultations pour survivants et enfants de survivants de la Shoah au Centre Georges-Devereux de l'Universit&#233; Paris VIII au sein de l'&#233;quipe d'ethnopsychiatres du professeur Tobie Nathan.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Comment l' ethno psychiatre que vous &#234;tes s'est-elle pench&#233;e sur les souffrances des enfants cach&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'abord par mon histoire. Je suis moi-m&#234;me fille d'enfants cach&#233;s et j'ai exp&#233;riment&#233; non pas le non-dit mais le peu de choses dites sur cette affaire. Chez moi, rien n'&#233;tait occult&#233; , l'histoire de ma famille venue de Pologne et presque totalement extermin&#233;e , mes parents sauv&#233;s et cach&#233;s , tout &#231;a je le savais, je savais que c'&#233;tait important mais ce n'&#233;tait pas trait&#233;, personne ne s'y attardait. La vie, le travail de mes parents qui &#233;taient chercheurs, ma propre trajectoire, mes &#233;tudes, mes amis, bref le pr&#233;sent a toujours pris le dessus. J'ai donc fait mes &#233;tudes, j'ai commenc&#233; &#224; travailler sur les traumatismes li&#233;s aux guerres mais paradoxalement pas &#224; celle dans laquelle 90% de ma famille avait p&#233;ri. Et quand j'ai d&#233;cid&#233; de faire une th&#232;se en 93 c'est Tobbie Nathan qui m'a tout de suite sugg&#233;r&#233; de travailler sur les enfants des survivants de la Shoah. Une fois &#233;nonc&#233; c'est devenu &#233;vident mais &#231;a ne l'avait jamais &#233;t&#233; avant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Vous faites donc votre th&#232;se sur les survivants de la shoah, vous publiez dans la foul&#233;e &#171; enfants de survivants &#187;, d'autres suivront jusqu'&#224; celui-ci sur &#171; les enfants cach&#233;s &#187;. Une notion, une d&#233;nomination somme toute tr&#232;s r&#233;cente ?&lt;/strong&gt;
Oui c'est en 91 qu'on a commenc&#233; &#224; parler &#171; d'enfants cach&#233;s &#187; lors de leur premi&#232;re r&#233;union internationale &#171; d'enfants cach&#233;s &#187; &#224; New York. Une r&#233;union autour d'une proposition : qu'est ce que les enfants juifs qui ont du cacher leur identit&#233; ont &#224; dire sur eux-m&#234;mes. Apr&#232;s cela des dizaines d'associations ont vu le jour partout dans le monde, en Europe, en Isra&#235;l, aux Etats Unis, en Am&#233;rique Latine, bref partout o&#249; ces enfants ont fait leur vie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Mais ces &#171; enfants &#187; ont aujourd'hui 70 ans pour les plus jeunes&#8230;il aura donc fallu 45 ans pour leur reconna&#238;tre ce statut !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est vrai mais il faut bien comprendre un certain nombre de choses. D'abord ces enfants savaient qu'ils avaient beaucoup moins souffert que leurs parents d&#233;port&#233;s et donc probablement par pudeur et par respect, ils ont longtemps consid&#233;r&#233; qu'ils ne devaient pas se plaindre. Ensuite il faut dire que quand ces enfants &#233;taient encore des enfants, les psy ne s'int&#233;ressaient pas &#224; eux. C'est finalement &#224; la g&#233;n&#233;ration des enfants d'enfants cach&#233;s qu'il est devenu courant de s'adresser &#224; un psy quand les enfants pr&#233;sentaient des sympt&#244;mes ou des souffrances psychologiques. On pensait aussi que les enfants oubliaient facilement les &#233;v&#233;nements douloureux. Et puis la psychologie a mis longtemps &#224; consid&#233;rer la pers&#233;cution antis&#233;mite comme facteur d&#233;terminant dans les pathologies psychiques des survivants. Enfin, je dois dire que les enfants cach&#233;s ne sont pas tous souffrants, loin de l&#224;. Beaucoup d'entre eux ont su mener une existence r&#233;ussie et heureuse sans avoir besoin de recourir &#224; un psy ou de se regrouper dans une association.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Y a t il un profil psychologique particulier de ces enfants cach&#233;s ?&lt;/strong&gt;D'un point de vue psychiatrique il n'y a pas vraiment de typologie. On retrouve bien sur quelques sympt&#244;mes de ce qu'on appelle le syndrome des survivants - troubles du sommeil, cauchemars, irritabilit&#233; parfois et tr&#232;s souvent une rage qu'ils ont du mal &#224; endiguer. Mais tout ceci n'est pas syst&#233;matique et ne rend pas vraiment compte de ce qu'ils sont. Je me suis donc demand&#233; comment rendre compte de ce qu'ils &#233;taient et ce qui m'a interpell&#233; c'est que pr&#233;cis&#233;ment c'&#233;taient des enfants. Des enfants que leurs bourreaux veulent tuer et vont poursuivre parce qu'ils sont juifs. Mais quand on est enfant on ne sait pas vraiment qu'on est juif, on est pas encore tr&#232;s d&#233;fini. Juif, pas juif ce n'est pas quelque chose qui est pens&#233; avant un certain &#226;ge. Mais il n'emp&#234;che qu'on les arr&#234;te ou qu'on les cache en raison m&#234;me de leur identit&#233; et alors m&#234;me que ceci est tr&#232;s flou dans leur t&#234;te on va leur demander d'&#234;tre autre chose. On leur demande de changer de langue souvent, de changer de noms toujours - la plupart de ceux que j'ai rencontr&#233; d&#233;testait le nom qu'on leur avait donn&#233; - de devenir catholique pour certains, bref de devenir autre chose que ce qu'ils devaient &#234;tre. Au d&#233;but ils r&#233;sistent psychologiquement. J'ai appel&#233; &#231;a des strat&#233;gies de r&#233;sistance identitaire. Mais beaucoup de ceux que j'ai interrog&#233; se souviennent de sc&#232;nes tr&#232;s pr&#233;cises, d'un moment particulier o&#249; ils ont compris qu'ils ne pouvaient plus &#234;tre ce qu'ils &#233;taient, alors ce jour-l&#224; ils se mettent en mode &#171; responsable &#187;. Ils r&#233;pondent &#224; leur nom, comprennent tr&#232;s vite qu'il ne faut rien dire et savent aussi le risque qu'il y aurait &#224; r&#233;sister.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Mais &#224; Moissac l'une des rares maisons juives revendiqu&#233;es comme telle au vu et au su de tous, ne pas s'attarder sur la souffrance de chacun &#233;tait une volont&#233;. Tout le monde avait souffert donc chacun &#233;tait &#224; &#233;galit&#233; devant elle. Les EI l'avaient m&#234;me th&#233;oris&#233;. Dans cette maison il fallait juste que les enfants retrouvent leur statut d'enfant et d'enfant juif, qu'ils jouent, &#233;tudient, aient des r&#232;gles etc... Et les enfants, pouss&#233;s par la n&#233;cessit&#233; s'en sont pour la plupart et gr&#226;ce &#224; cela tr&#232;s bien sortis. Qu'en pensez vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour ce qui est de bien vivre, ou en tous les cas du vivre au mieux de ces enfants cach&#233;s pendant la Shoah, je suis pleinement convaincue que la position qu'avaient choisie les EI &#233;taient celle qu'il fallait prendre : faire vivre ces enfants dans la conscience de ce qui se passait, mais surtout et aussi continuer &#224; les &#233;duquer dans leur identit&#233;, celle qui &#233;tait justement combattue par les nazis et les collabo ; les &#233;lever en leur donnant la force et la fiert&#233; d'exister et d'&#234;tre juif, en renfor&#231;ant leurs attachements familiaux et ancestraux, m&#234;me s'ils n'avaient plus de contact avec leurs parents. Les EI ont r&#233;alis&#233; en toute conscience et de mani&#232;re d&#233;lib&#233;r&#233;e, un travail &#233;ducatif de r&#233;sistance &#224; l'an&#233;antissement identitaire. Ils ont tout de suite compris ce qui se passait et ont &#233;t&#233; exceptionnels. Les foyers des EI et de l'OSE, &#233;taient des lieux de vie, pour la plus grande part, ils ont &#233;t&#233; des espaces de sauvetage non seulement biologique mais psychique pour les enfants juifs pendant la guerre. Ils ont donn&#233; tort aux bourreaux, ne pensant pas les enfants comme des victimes, mais comme des &quot;forces&quot; de vie juive.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.arkheia-revue.org/-Kiosque-Achats-.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;POUR LIRE LA SUITE ABONNEZ-VOUS A ARKHEIA&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	<item>
		<title>Antoni Tapies, le peintre n'est plus</title>
		<link>http://arkheia-revue.org/Antoni-Tapies-le-peintre-n-est.html</link>
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<category domain="http://arkheia-revue.org/-Seconde-Guerre-mondiale,33-.html">Seconde Guerre mondiale</category>

		<dc:subject>Article avec contenu en ligne</dc:subject>

		<description>Le peintre et sculpteur Antoni Tapies est d&#233;c&#233;d&#233; le 6 f&#233;vrier &#224; Barcelone, sa ville natale, &#224; l'&#226;ge de 88 ans. Il &#233;tait l'artiste espagnol le plus important de la seconde moiti&#233; du XX&#232; si&#232;cle, &quot;le dernier&quot; aux dires du journal El Mundo.

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Auteur :&lt;/strong&gt; Gilbert Beaubatie, historien et pr&#233;sident de la Soci&#233;t&#233; des Lettres, Sciences et Arts de la Corr&#232;ze.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_581 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:300px;' &gt;
&lt;img src='http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L300xH201/jpg_ARKHEIA-645c8.jpg' width='300' height='201' alt=&quot;&quot; style='height:201px;width:300px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le peintre et sculpteur Antoni Tapies est d&#233;c&#233;d&#233; le 6 f&#233;vrier &#224; Barcelone, sa ville natale, &#224; l'&#226;ge de 88 ans. Il &#233;tait l'artiste espagnol le plus important de la seconde moiti&#233; du XX&#232; si&#232;cle, &quot;le dernier&quot; aux dires du journal &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;El Mundo&lt;/i&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Antoni Tapies&lt;/strong&gt; a &#233;t&#233; un artiste autodidacte que la menace nucl&#233;aire et le r&#233;gime franquiste ont durablement et profond&#233;ment taraud&#233;. A partir de ses 17 ans, de graves probl&#232;mes de sant&#233; (crise cardiaque et affection pulmonaire) lui ont donn&#233; une formidable force int&#233;rieure, &quot;une sorte d'hypersensibilit&#233;, de clairvoyance (lui) permettant de voir l'int&#233;riorit&#233; des choses&quot;. Contraint &#224; l'isolement, il a trouv&#233; dans la lecture, le dessin et la peinture, de puissantes sources d'inspiration, en particulier dans l'hindouisme, le bouddhisme zen et le surr&#233;alisme.
Des membres de sa famille ont &#233;t&#233; pers&#233;cut&#233;s, et longtemps il gardera le souvenir de sa m&#232;re en train de pleurer de faim, &quot;vraiment de faim&quot;. Les &quot;coupables&quot; sont vite d&#233;sign&#233;s : &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Franco&lt;/strong&gt; et une n&#233;buleuse, &quot;le national-catholicisme&quot;. Tapies, le Catalan, est conduit &#224; ha&#239;r l'ensemble du syst&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Radicalement libre dans sa cr&#233;ativit&#233;, il va s'ing&#233;nier &#224; incorporer dans ses fonds divers ingr&#233;dients : terre, sable, cendres, poudres de marbre, poussi&#232;res, voire mat&#233;riaux de r&#233;cup&#233;ration. Une telle association d'&#233;l&#233;ments aussi diff&#233;rents vise &#224; amplifier le &quot;message&quot; de l'artiste, soucieux de montrer la fragilit&#233; du monde et l'in&#233;luctabilit&#233; du n&#233;ant. Dans un entretien publi&#233; il y a dix ans par la Soci&#233;t&#233; des Lettres, Sciences et Arts de la Corr&#232;ze, &#233;ditions Mille Sources, Antonin Tapies a confi&#233; que &quot;nous sommes unis &#224; chaque d&#233;tail, chaque chose, chaque arbre, chaque animal, chaque montagne de la nature. L'homme est une sorte de d&#233;veloppement naturel de cet ordre primitif&quot;. Beaucoup de ses pr&#233;tentions sont, dit-il, erron&#233;es, et par cons&#233;quent il convient d'&#234;tre beaucoup &quot;plus modeste et de respecter la nature&quot;.
En utilisant des mati&#232;res plus ou moins &#233;paisses, il est en mesure de faire &quot;des lignes dramatiques, surprenantes, et plus choquantes&quot; et de r&#233;v&#233;ler que dans un corps humain il y a &#224; la fois de l'amour et de la haine. Aussi, on trouve dans son oeuvre, des corps humains, mutil&#233;s ou attach&#233;s &#224; des cordes, expression de sa d&#233;testation d'une violence omnipr&#233;sente.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Oui, dit Tapies, l'homme doit rester fid&#232;le &#224; ses impulsions profondes, &#224; la fois faire confiance &#224; l'instinct et lutter de toutes ses forces, afin de se retrouver dans toute sa puret&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais s'il est question de d&#233;sir dans son oeuvre pl&#233;thorique (plus de 8000), &quot;c'est du d&#233;sir fondamental, du d&#233;sir de vie&quot;(1).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;NOTES&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; 1 Lorsqu'elle nous a appris la disparition de son compatriote, notre amie Carmen Fisse a tout de suite fait r&#233;f&#233;rence &#224; cette phrase cl&#233; et pr&#233;cis&#233; que &quot;le d&#233;c&#232;s de notre peintre universel Antoni Tapies est une grande perte, et c'est impressionnant de voir la longue queue de citoyens qui vont &#224; la Fondation Tapies ici &#224; Barcelone pour lui rendre un dernier hommage. J'esp&#232;re qu'il vivra longtemps parmi nous &#224; travers son immense oeuvre, le pr&#233;cieux h&#233;ritage qu'il nous a offert&quot; (Barcelone, le 8 f&#233;vrier 2012).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Quelles sont les principales raisons de la d&#233;faite en 1940 ?</title>
		<link>http://arkheia-revue.org/Quelles-sont-les-principales.html</link>
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		<dc:date>2012-03-03T17:22:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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<category domain="http://arkheia-revue.org/-Seconde-Guerre-mondiale,33-.html">Seconde Guerre mondiale</category>

		<dc:subject>Article avec contenu en ligne</dc:subject>

		<description>La d&#233;faite de 1940 est la d&#233;faite la plus dramatique qu'ait jamais
subie la France. En six semaines de bataille, la Wehrmacht avec ses
Panzerdivisionen provoque la d&#233;b&#226;cle de ses arm&#233;es, pr&#233;c&#233;d&#233;e par
l'exode de millions de civils belges et fran&#231;ais. Pr&#232;s de 100 000 soldats
fran&#231;ais sont morts au combat et 120 000 d'entre eux ont &#233;t&#233; bless&#233;s.

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&lt;a href="http://arkheia-revue.org/+-Article-avec-contenu-en-ligne-+.html" rel="tag"&gt;Article avec contenu en ligne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;faite de 1940 est la d&#233;faite la plus dramatique qu'ait jamais
subie la France. En six semaines de bataille, la Wehrmacht avec ses
Panzerdivisionen provoque la d&#233;b&#226;cle de ses arm&#233;es, pr&#233;c&#233;d&#233;e par
l'exode de millions de civils belges et fran&#231;ais. Pr&#232;s de 100 000 soldats
fran&#231;ais sont morts au combat et 120 000 d'entre eux ont &#233;t&#233; bless&#233;s.
Parmi les explications de cette d&#233;faite, certains &#233;voquent la politique
du Front populaire, &#171; l'avachissement &#187; des esprits ou la faiblesse de
l'armement. Cependant, la raison principale de ce d&#233;sastre militaire
rel&#232;ve plus de l'immobilisme d'un &#233;tat-major vieillissant, prisonnier
de la doctrine strat&#233;gique et tactique issue de la Grande Guerre.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour en savoir plus&#8230;
Durant pr&#232;s de neuf mois, du 3 septembre 1939 au 10 mai 1940, la France et son arm&#233;e vivent une dr&#244;le de guerre selon l'expression attribu&#233;e &#224; l'&#233;crivain Roland Dorgel&#232;s. La Pologne occidentale &#233;cras&#233;e en trois semaines par la Blitzkrieg &#171; la guerre &#233;clair &#187; (une strat&#233;gie militaire initi&#233;e par le g&#233;n&#233;ral allemand Heinz Guderian &#224; la fin des ann&#233;es trente) du IIIe Reich et sa partie orientale envahie par l' Arm&#233;e Rouge (17 septembre), la France et la Grande-Bretagne demeurent
passives, sur la d&#233;fensive. L'expression &#171; dr&#244;le &#187; renvoie au fait que la guerre engag&#233;e en septembre 1939 par les alli&#233;s franco-britanniques ne va pas conna&#238;tre de r&#233;els d&#233;veloppements. En partie retranch&#233;es derri&#232;re le b&#233;ton de la ligne Maginot, un r&#233;seau de forteresses construites tout au long de la fronti&#232;re franco-allemande, les 94 divisions
(2,8 millions d'hommes) de l'arm&#233;e fran&#231;aise se concentrent dans cet espace, couvrant tr&#232;s imparfaitement la charni&#232;re ardennaise que le mar&#233;chal P&#233;tain a qualifi&#233;e &#171; d'infranchissable &#187;. &#192; ce dispositif s'ajoutent 10 divisions britanniques, sans oublier 22 divisions belges et 9 divisions n&#233;erlandaises appartenant &#224; des pays neutres mais qui sont cens&#233;es couvrir la fronti&#232;re nord. L'Allemagne a mis sur pied 114 divisions rassemblant 2,6 millions d'hommes. Sur le papier, les Alli&#233;s disposaient d'un avantage num&#233;rique auquel la coalition franco-britannique ajoute l'atout d'une force navale &#233;crasante et d'un nombre de blind&#233;s &#233;quivalent &#224; celui de la Wehrmacht (2800 blind&#233;s contre 2 700 pour la France). Dans le domaine a&#233;rien, la sup&#233;riorit&#233; de la Luftwaffe est plus nette (3 500 avions contre 2 200 &#224; la France et la Royal Air Force).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.arkheia-revue.org/-Kiosque-Achats-.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;POUR LIRE LA SUITE COMMANDER L'OUVRAGE&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Une gr&#232;ve peu ordinaire : Decazeville 1961- 1962</title>
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		<dc:subject>Article avec contenu en ligne</dc:subject>

		<description>L'historien Philippe Marcy revient sur une histoire qui a marqu&#233; les m&#233;moires, la gr&#232;ve des mineurs de Decazeville en 1961-1962. Le bassin Houiller aveyronnais a 35 000 habitants environ. La mine employait 5 200 salari&#233;s en 1945, elle en compte 2 000 en 1962.

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;L'historien&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; Philippe Ma&lt;/strong&gt;rcy revient sur une histoire qui a marqu&#233; les m&#233;moires, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://arkheia-revue.org/Une-greve-peu-ordinaire.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;la gr&#232;ve des mineurs de Decazeville en 1961-1962&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt; Le bassin Houiller aveyronnais a 35 000 habitants environ. La mine employait 5 200 salari&#233;s en 1945, elle en compte 2 000 en 1962.&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Claude Campanini, le t&#233;moignage d'un d&#233;port&#233; de Buchenwald</title>
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<category domain="http://arkheia-revue.org/-4-Promo-.html">4/ Promo</category>

		<dc:subject>Article avec contenu en ligne</dc:subject>

		<description>Issu d'une famille d'immigr&#233;s italiens qui se sont install&#233; dans le Sud-Ouest de la France, Claude Campanini entre en r&#233;sistance apr&#232;s avoir &#233;t&#233; recrut&#233; par son instituteur, Lucien Loubradou. Membre de la 12e compagnie de l'Arm&#233;e secr&#232;te, &#224; Moissac (Tarn-et-Garonne), il est finalement arr&#234;t&#233; en 1943 et d&#233;port&#233; dans le camp de concentration de Buchenwald. Il livre ici un t&#233;moigne unique et saisissant sur ses ann&#233;es au coeur du syst&#232;me concentrationnaire (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class='spip_document_580 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L142xH179/jpg_DSCN8941-c3457.jpg' width='142' height='179' alt=&quot;&quot; style='height:179px;width:142px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;
Issu d'une famille d'immigr&#233;s italiens qui se sont install&#233; dans le Sud-Ouest de la France, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Claude Campanini&lt;/strong&gt; entre en r&#233;sistance apr&#232;s avoir &#233;t&#233; recrut&#233; par son instituteur,&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; Lucien Loubradou&lt;/strong&gt;. Membre de la 12e compagnie de l'Arm&#233;e secr&#232;te, &#224; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Moissac&lt;/strong&gt; (Tarn-et-Garonne), il est finalement arr&#234;t&#233; en 1943 et d&#233;port&#233; dans le camp de concentration de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Buchenwald&lt;/strong&gt;. &lt;a href=&quot;http://arkheia-revue.org/Claude-Campanini-itineraire-d-un,205.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Il livre ici un t&#233;moigne unique et saisissant sur ses ann&#233;es au coeur du syst&#232;me concentrationnaire nazi.&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>La l&#233;gende du bromure durant la Dr&#244;le de guerre</title>
		<link>http://arkheia-revue.org/La-legende-du-bromure-durant-la.html</link>
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<category domain="http://arkheia-revue.org/-4-Promo-.html">4/ Promo</category>

		<dc:subject>Article avec contenu en ligne</dc:subject>

		<description>Mobilis&#233; sur le front, Albert Lef&#232;vre participe &#224; la r&#233;daction des journaux r&#233;gimentaires. Destin&#233;e &#224; maintenir le moral des troupes, cette presse le fait l'&#233;cho de l'utilisation du bromure. Une substance qui permettrait de r&#233;duire la virilit&#233; des permissionnaires.

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class='spip_document_579 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:180px;' &gt;
&lt;img src='http://arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L180xH121/jpg_jpg_bromure_1_-e2b5e-de476.jpg' width='180' height='121' alt=&quot;&quot; style='height:121px;width:180px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;Mobilis&#233; sur le front, Albert Lef&#232;vre participe &#224; la r&#233;daction des journaux r&#233;gimentaires. Destin&#233;e &#224; maintenir le moral des troupes, cette presse le fait l'&#233;cho de &lt;a href=&quot;http://www.arkheia-revue.org/La-legende-du-bromure-durant-la,296.html?var_recherche=dordogne&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;l'utilisation du bromure&lt;/a&gt;. Une substance qui permettrait de r&#233;duire la virilit&#233; des permissionnaires.&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Droit de suite : les fusill&#233;s de Cahors, 1944</title>
		<link>http://arkheia-revue.org/Droit-de-suite-les-fusilles-de.html</link>
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<category domain="http://arkheia-revue.org/-Agenda-.html">Agenda</category>

		<dc:subject>Article avec contenu en ligne</dc:subject>

		<description>Dans notre dernier num&#233;ro paru, la recherche in&#233;dite de l'universitaire C&#233;cile Vaissi&#233; a rappel&#233; pour les uns, r&#233;v&#233;l&#233; pour beaucoup, un tabou cadurcien, celui de quinze &quot;pr&#233;sum&#233;s collaborateurs&quot; fusill&#233;s par les FFI, sans proc&#232;s, manu miltari, dans l'euphorie de la Lib&#233;ration. Comme le confirme l'historienne ces ex&#233;cutions &#233;taient pour le moins exp&#233;ditives et suspectes. De facto parmi les fusill&#233;s du 20 ao&#251;t 1944 dans le cimeti&#232;re de Cahors, il n'y aurait qu'un seul milicien av&#233;r&#233;, le d&#233;nomm&#233; : Marc (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Dans notre dernier num&#233;ro paru, la recherche in&#233;dite de l'universitaire C&#233;cile Vaissi&#233; a rappel&#233; pour les uns, r&#233;v&#233;l&#233; pour beaucoup, un tabou cadurcien, celui de quinze &quot;pr&#233;sum&#233;s collaborateurs&quot; fusill&#233;s par les FFI, sans proc&#232;s, manu miltari, dans l'euphorie de la Lib&#233;ration. Comme le confirme l'historienne ces ex&#233;cutions &#233;taient pour le moins exp&#233;ditives et suspectes. De facto parmi les fusill&#233;s du 20 ao&#251;t 1944 dans le cimeti&#232;re de Cahors, il n'y aurait qu'un seul milicien av&#233;r&#233;, le d&#233;nomm&#233; : Marc Cavani&#233;. Comment expliquer alors dans ce groupe de fusill&#233;s, la pr&#233;sence d'un Alsacien r&#233;fugi&#233; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Florent Shroetter&lt;/strong&gt; (r&#233;habilit&#233; d&#233;clar&#233; mort pour la France en 2008) ou de deux juifs alg&#233;rois r&#233;fugi&#233;s &#224; Cahors, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Meyer et Roger Dahan&lt;/strong&gt;. Cette riche contribution n'a pas manqu&#233; de susicter de nombreuses r&#233;actions &#224; laquelle C&#233;cile Vaissi&#233; n'a pu r&#233;pondre. &lt;a href=&quot;http://arkheia-revue.org/Fusilles-de-Cahors-devoir-de.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;C'est ce droit de suite&lt;/a&gt; que nous lui accordons dans le prochain num&#233;ro d'Arkheia &#224; para&#238;tre ce printemps 2012. Elle publiera &#233;galement un autre article qui promet bien des d&#233;bats sur les auxiliaires fran&#231;ais de la Gestapo cadurcienne en retra&#231;ant notamment le parcours de &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://arkheia-revue.org/Les-auxiliaires-francais-de-la.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Gabriel Benoni&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; alias le gitan.&lt;/div&gt;
		
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